dimanche 19 octobre 2014

Miviludes - « DE GROSSES AFFAIRES DANS LES VOSGES »

Serge Blisko, le président de la Miviludes, qui lutte contre les dérives sectaires, est venu en Meuse vendredi.
BAR-LE-DUC
Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est venu vendredi en Meuse installer un sous-groupe « Prévention des dérives sectaires » à la préfecture de Bar-le-Duc, mais aussi commémorer les 20 ans de l’association Secticide à Belleville-sur-Meuse près de Verdun. Une association qui lutte contre les dérives sectaires en Lorraine et dans l’Est de la France.
Qu’est-ce que la Miviludes et quelles sont ses missions ?


« La Miviludes est un organisme d’État composé d’une quinzaine de personnalités issues principalement de la fonction publique, mais aussi de l’Education nationale et des affaires sociales. Elle a trois missions.
Elle est chargée de détecter la présence de dérives sectaires en France. Elle doit aussi faire de la prévention pour éviter que se développent de telles dérives et elle doit informer le public sur les agissements d’individus ou d’organisations qui auraient de telles pratiques. »
Comment la Miviludes détecte les dérives sectaires ?


« La Miviludes est basée à Paris. Elle a donc besoin de relais dans les régions et les départements. Outre les cellules départementales de “Prévention des dérives sectaires“, nous nous appuyons sur des correspondants associatifs dans un maximum de départements. C’est le cas de Secticide à Verdun et des sœurs Lucienne et Michèle de Bouvier de Cachard. Une association très dynamique qui s’est notamment battue contre la scientologie. Il y a aussi le Centre laïque de prévention du sectarisme à Vesoul qui intervient souvent dans les Vosges. Un département où il y a eu de grosses affaires, notamment ce gourou très dangereux qui a été condamné il y a deux ans à 17 ans de réclusion criminelle pour avoir abusé d’une mineure de moins de 15 ans à La Bresse. Ou encore cet important centre des Témoins de Jéhovah qui devait être implanté à Deyvillers près d’Épinal. »
Quelles sont les dérives sectaires qui vous préoccupent le plus en France ?


« Il y en a deux types. Le premier est lié à la santé avec l’existence de pseudo-psychothérapies qui s’attaque au cerveau des personnes et en font des êtres fragiles. Le deuxième concerne la dérive des jeunes radicalisés vers le Jihad. Comme cette adolescente de Béthoncourt (25) qui vient de partir en Syrie. »


Que faire pour endiguer ces départs vers la Syrie ?


« On fait de la formation dans les préfectures. Il faut détecter, comprendre les circuits. C’est difficile. Les jeunes qui partent là-bas sont des robots. Lorsqu’ils rentrent en France, ils ont besoin d’une prise en charge judiciaire par rapport à la gravité de leurs actes. Puis d’une rééducation pour réapprendre à vivre avec leurs familles et reprendre leurs études. C’est un programme très lourd qui fait appel aux psychologues, aux psychiatres, aux travailleurs sociaux, aux éducateurs. »
 
Propos recueillis par Pascal ISCH
Source : Vosges Matin, 19 octobre 2014