samedi 22 novembre 2014

Saint-Jean-Pied-de-Port - Prison pour le faux masseur

En janvier et février, à Saint-Jean-Pied-de-Port, un affabulateur avait agressé sexuellement deux femmes.
Faux masseur, mais vrai bonimenteur. Jusqu'à arguer de son manque de ressources pour expliquer qu'il n'ait pas fait le déplacement de Saint-Jean-Pied-de-Port. Hier, le prévenu état absent à la barre du tribunal. Vais celui qui se fait appeler le « Doc» a été jugé en son absence pour des agressions sexuelles commises en janvier et en février, alors qu'il prodiguait des massages.

La première victime, une Suissesse de passage en Basse-Navarre sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, s'était vue proposer un massage gracieusement dans le gîte où elle résidait. Mais l’homme, habitant à proximité et connu de tous, avait eu un comportement d'abord déplacé, puis des gestes pouvant être juridiquement qualifiés de viol comme l'a rappelé Olivier Janson pour le Ministère public. La victime avait rapporté les faits aux gendarmes, mais non déposé plainte.
Il avait nié les faits
La deuxième victime du quadragénaire était en revanche présente hier à l'audience, pour témoigner, assistée de son avocate Me Sandrine Bidart, de la façon dont te quadragénaire avait gâché une partie de sa vie. Le sommeil absent un long arrêt de travail après les faits, son dépôt de plainte, et la confrontation devant les gendarmes, où le mis en cause avait nié... Souffrant du dos, la victime a du mal à se retourner lorsqu'elle sent que les soins dispensés par ce masseur qui offre ses services gratuitement sont totalement anormaux.
Elle demande au masseur d'arrêter ses gestes. Il continue. Celui-ci se juche sur elle à califourchon. Lorsque la victime parvient à se retourner, elle voit le masseur déshabillé, qui n'est plus vêtu que de son sous-vêtement. Le mis en cause indiquera qu'il avait procédé de la sorte pour ne pas tâcher son pantalon avec l'huile de massage.
Peine aggravée
Une histoire parmi les nombreuses prodiguées à un entourage persuadé qu'il avait des aptitudes de secouriste, un passé de pompier volontaire ou des compétences de masseur. En effet, comme l'a rappelé le procureur, le mis en cause avait tissé une toile comme une araignée». Chacun lui faisait confiance. Mais de secouriste, il n'avait que la veste. Et son passé de pompier a été démenti par l'enquête. Les enquêteurs de la gendarmerie de Saint-Jean-Pied de-Port (compagnie de Mauléon} ont aussi mis au jour les sites internet consultés par le « Doc » au cours delà période où les faits ont été commis : des massages à caractère pornographique.
Le tribunal a aggravé la peine qui avait été requise par le procureur (deux ans de prison dont un avec sursis), en condamnant le dangereux masseur à trois ans de prison, dont un an assorti d'un sursis mise à l’épreuve avec obligation de se soigner, interdiction d'entrer en contact avec la victime et l'obligation d'indemniser celle-ci. Un mandat d'arrêt a été délivré à l’audience.
EMMANUELLE FÈRE, e.fere@sjdouest.fr

Source : Sud Ouest, 19 novembre 2014