dimanche 30 novembre 2014

Système pyramidal - Escroquerie : un collectif constitué

Lancé par un couple deux-sévrien, un collectif de victimes d'une pyramide d'argent réunit déjà 26 membres. Leurs pertes s'élèvent à près de 2 millions.
Danièle et Robert (•), un couple de retraités des Deux-Sèvres, estime avoir été lésé de 260 000 €, après avoir investi 400 000 € depuis 2007. Cette nouvelle affaire d'escroquerie est basée sur le système de la pyramide d'argent. Le principe : rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants.
Pour ce faire, la femme courtier en assurances mise en cause «n'hésitait pas à falsifier nos chèques », peste Danièle, qui admet avoir péché par naïveté. « Un jour, en guise d'ordre de bénéficiaire, elle nous avait fait mentionner le ample nom – Gaz ». Elle avait ainsi pu aisément modifier l’ordre, avec ce nom d'un autre client Celui-ci, ainsi, a sans doute pu toucher ses intérêts ».
La fraude de cette société de Vaux-sur-Mer (Charente-Maritime), d'une ampleur nationale, a fini par être mise au jour. La brigade financière de Bordeaux a été saisie du dossier.
« Des victimes dans le Maine-et-Loire »
Les victimes, quant à elles, ont décidé de se structurer. Sous l'impulsion
de Danièle et Robert, un blog - collectif des victimes de la société BJM
- a été créé à cet effet, Il y a quelques Jours. « J'y passe mes journées », confiait Danièle, hier. « Pour l'heure, le collectif réunit 26 victimes, dont certaines du Maine-et-Loire. Le préjudice cumulé s'élève déjà à 1,8 million d'euros. Mais nous sommes loin d'avoir pu contacter tout le monde. L’argent c'est tabou. »
Tous les membres du collectif ont déposé plainte. Beaucoup sont domiciliés en Charente, d'autres en région parisienne. « Un autre couple des Deux-Sèvres en fait partie. Nous l'avions mis en relation avec notre escroc », peste Danièle.
Maître Lecoq-Vallon, qui défend les intérêts de ces victimes, voit dans ce collectif « la possibilité d'essayer de recouvrer les préjudices », en se retournant « à la fois contre les escrocs et les banques ». L'avocat parisien considère en effet les établissements bancaires
 « lourdement responsables » dans ce type d'affaires. « Ils ont un devoir de contrôle, dans ces collectes de fonds. »
(*) Prénom d’emprunt.
Contact : victimesbjm@outlook.fr ; Me Lecoq-Vallon : 01 53 04 97 77.
Fabien GOUAULT, bressuire@courrier-ouest.com
Source : Courrier de l’Ouest, 29 novembre 2014