lundi 22 décembre 2014

Dijon - Chaque jeudi, les étudiants du master Euromédias révèlent les dessous du campus universitaire.

Aujourd’hui, découverte d’une discipline étonnante : le Feldenkrais.
J’avoue m’être, de prime abord, demandé ce qui m’avait pris d’accepter de tester une séance de Feldenkrais. Il aura au moins fallu ce nom presque imprononçable aux accents nordiques et mystérieux pour me donner envie de me rendre samedi à la salle Jean-Chirac, sur le campus universitaire. À mon arrivée, je constate que jeunes et moins jeunes se côtoient dans une ambiance bon enfant. « Le samedi, il y a moins d’étudiants que d’habitude », précise Nora Z., enseignante au Service universitaire des activités physiques et sportives (Suaps), qui organise de nombreux rendez-vous autour des gymnastiques douces. Christine B., l’intervenante, lance la séance. Cette comédienne-chanteuse, habituée à former dans le monde du spectacle, énonce avec calme et clarté la marche à suivre. Il faut dire que la fameuse méthode repose sur un principe fondamental : celui de la non-imitation. Les élèves s’approprient les consignes et la formatrice ne montrera jamais l’exemple. Cela aurait d’ailleurs été difficile, puisque la majorité des deux courtes heures programmées est passée les yeux fermés. Point de copie sur le voisin, on est concentrés sur les sensations du mouvement. Les gestes demandés sont doux, réalisés avec lenteur, et moi qui était sûr de m’endormir au bout de quelques instants, je suis surpris de me prendre ainsi au jeu, à réellement tenter de visualiser, ressentir, fluidifier chacune de mes évolutions. Sur le tapis de mousse qui jouxte le mien se tient Stéphane. Cet enseignant en sports de combat est venu chercher dans ces ateliers des outils qui lui permettront de mieux décomposer chacun de ses mouvements, et de mieux les enseigner à ses élèves par la suite. Le temps de sortir de mes pensées et de rouvrir les yeux, la séance est terminée. Les aficionados de la méthode se retrouveront dès le 10 janvier pour un autre atelier, encore une fois ouvert à tous. Quant à moi, je quitte la salle les jambes et le cœur légers, et me demande si je ne m’y mettrais pas pour de vrai, au Feldenkrais.
Bio Express
On doit à Moshe Feldenkrais d’avoir créé dans les années 1930 le premier club de judo en France après une rencontre avec Jigoro Kano, le maître de la discipline. Blessé pendant la guerre, il a cherché à poursuivre son activité sans avoir recours à la chirurgie. Il développe alors la méthode qui porte désormais son nom, inspirée des neurosciences alors naissantes, et fondée sur la compréhension des difficultés et des limites du mouvement.
INFO Renseignements et inscriptions auprès de Nora Z. [...]
Source : Le Bien Public, 11 décembre 2014,
http://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2014/12/11/methode-feldenkrais-paupieres-closes-et-sens-en-alerte

Note du CIPPAD : Moshe Feldenkrais a développé une méthode de prise de conscience de soi par le mouvement réputée servir à lutter contre l'insomnie, le stress, les rhumatismes, les contractures, les tensions, le mal de dos. Il est aussi l’un des plus proches disciples de l’ésotériste George Gurdjieff, dont l’enseignement a inspiré de nombreuses écoles de manipulations, et conduit à des dérives, parmi les plus graves.