samedi 3 janvier 2015

Alain Fouquet, du palais aux paillettes

L'avocat angevin a quitté les prétoires pour devenir le « M. culture » de la mairie  d’Angers.
Par Yves TRÉCA-DURAND,
Un extrait  de l’article :
« Je n'étais pas du tout dans la vie culturelle angevine auparavant, concède-t-II. J'en avals très envie, mais je navals aucun temps, hormis pour le cinéma. Ma seule légitimité, elle vient de la »frustration et du désir. » À 65 ans, Alain Fouquet a prudemment trempé ses petons dans le marigot de la culture, où les vieux crocodiles veillent.
« Au Quai, quand ils ont su que je serai leur élu, Ils sont allés vérifier dans l'ordinateur ce que j'étais venu voir comme spectacle et Ils se sont dit : « Qu'est- ce que c'est que ce zombie qui nous arrive ». Mais j'ai été superbement accueilli par le milieu de la culture où j'ai trouvé des gens avec des qualités extraordinaires, une très grande compétence, de la générosité, de la discipline et de l’humilité. A condition de ne pas chercher à être ce que tu n'es pas, ils te prennent comme tu es. Je suis leur élu, pas un artiste parmi les artistes. »
«En 34 ans de barreau, j’ai appris à enfumer»
Ne se sent-Il pas désarmé parfois
face aux arguments d'un monde
qu’il découvre ? « Les directeurs du service me disent parfois : «  Là, vous vous trompez, si vous dites ça, on va se foutre de vous », lance-t-il rieur. Mais
je ne suis jamais largué. En 34 ans de barreau, j'ai appris à enfumer... »

Son premier festival des Accroche- cœurs l'a pourtant cueilli à froid avec
une belle polémique autour d'un spectacle peuplé d'humanoïdes primates à la peau noircie. Débordements, menaces, séance annulée puis déplacée, prise de bec avec lé directeur de la troupe et des Angevins scandalisés, excuses publiques du maire et front outré des autres compagnies. » « Ces le dossier dans lequel j'ai été complètement bon d'un bout à l'autre. J'ai fait un sans-faute » se convainc-t-il. Plus avocat qu'adjoint à la culture, en somme. Ses détracteurs ont naturellement un point de vue inverse, dénonçant une censure honteuse. « La fête a été un peu gâchée par ça mais la sécurité des gens, c'est une responsabilité »
Des regrets ? – « Non, j’ai voulu être élu et dans le champ dans le champ le plus extraordinaire qui soit. Mais ne plus être avocat est un vrai déchirement Aujourd'hui je ne peux plus franchir la porte du palais de justice : Et ses galons nouveaux ?
 « Je n'ai plus de pression, je suis en roue libre. Heureux. J'aime bien la phrase du peintre Klein qui disait « la culture ? C’est la santé ! ».

Quand on le titille sur ce qui le fait
vibrer, il dit dévorer la littérature qui
traite d'art contemporain, évoque un
film vu au dernier festival Premiers
plans mais dont il a oublié le titre,
cite une œuvre de Schubert Jouée par l'ONPL, «  Roses «  de la chorégraphe Nathalie Béasse, «  La Mouette »
revue par Frédéric Bélier-Garcia et
l'expo Millet au Musée des Beaux-
arts. Mais, en voiture, il confesse être branché sur Hit west et Radio Campus. « Hé je circule souvent avec ma fille. » Bon prince, on lui accordera les circonstances atténuantes.
Source : Extrait de l’article publié par le Courrier  l’Ouest, le 30 décembre 2014
Sur le même sujet :
Note du CIPPAD : nous partageons tout-à-fait l’avis de M. Alain Fouquet lorsqu’il affirme « en 34 ans de barreau, j’ai appris à enfumer... »