jeudi 8 janvier 2015

ILE DE LA RÉUNION – LA JUSTICE ÉCRASE « UN PRÊTRE » MALGACHE TRIPLE VIOLEUR

Mis en détention préventive pour des abus sexuels, un «prêtre» malgache croupit dans un pénitencier réunionnais. La cour d’appel redoute qu’il fasse pression sur ses victimes ainsi que les témoins.
Jeté en prison pour le viol de deux mineures ainsi que d’une jeune fille de dix-neuf ans. David Ramara, un gourou malgache, mis en détention préventive dans un pénitencier réunionnais, depuis le 27 août 2014, est maintenu sous les verrous. Une demande de remise en liberté qu’il a adressée le 30 décembre, a été rejetée par la cour d’appel. La justice a mis en avant des risques de pression sur les témoins et les victimes.
Les actes pour lesquels ce prêtre malgache de quarante-et-un ans est incriminé, remontent entre 2012 et 2013, à l’occasion de «servis kabaré», une cérémonie traditionnelle créole célébrée tous les 20 décembre, héritée des esclaves malgaches déportés dans les îles de l’océan Indien, vers le XVème siècle. Dans ses origines, cette cérémonie est un rituel de délivrance et de salut, dédié aux esprits. Ayant perdu au fil du temps, son enracinement malgache, elle s’est appropriée d’une originalité réunionnaise. Une valse de plainte a été déposée contre ce Réunionnais d’origine malgache, depuis le mois de juillet.
Antécédents
La jeune femme a été la première à l’avoir attaqué en justice. Elle a déclaré que le quadragénaire l’a prise dans ses fils enchevêtrés, en lui faisant croire qu’elle était rongée d’une maladie mystérieuse, pour laquelle des relations sexuelles avec lui seraient l’unique remède. Les poursuites ont très vite fait tache d’huile, une fillette de treize ans, ainsi qu’une autre victime âgée de seize ans, s’en étaient, à leur tour, remis à la justice. Les abus sexuels se sont commis au nord de l’île, dans la ville de Saint André, où le pervers officiait dans un snack-bar, enfoui dans les cases en tôle et les terrains mal défrichés de Sainte-Suzanne qui se jettent sur la mer.

Une source proche de l’affaire révèle que, David Ramara traitait, au moment des faits, ses victimes comme des disciples, auxquels il dévoile les soi-disant pouvoirs surnaturels dont il serait investi, pour asseoir son autorité, et abuser d’elles en profitant de leur crédulité.
Le prévenu n’a cessé de clamer son innocence lors de sa comparution devant le juge d’instruction. Pour sa défense, il a indiqué que ces détractrices n’ont jamais été seules avec lui, et que la cérémonie se serait déroulée sous les yeux de tout le monde. Bien que cet argument ait été martelé par Jean-Claude Jébane, son avocat, les antécédents judiciaires de David Ramara n’ont pas joué en sa faveur. En effet, ce père de onze enfants conçus avec neufs femmes différentes, a un casier judiciaire chargé de quinze délits. Du coup, il a été maintenu à l’ombre.
Recueillis par Seth Andriamarohasina
Source : L’Express de Madagascar, 7 janvier 2015,
http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/la-reunion-la-justice-ecrase-un-pretre-malgache-triple-violeur-24766

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