vendredi 13 février 2015

Reclus de Monflanquin : après l'annulation de la vente du château, l'agent immobilier contre-attaque

CHRONOLOGIE Max Germa, agent immobilier, veut prouver sa bonne foi face aux Védrines

« Je ne travaille pas avec une boule de cristal ! » Max Germa, agent immobilier de Monflanquin qui œuvre dans le secteur depuis 1977, est quelque peu marri d'être aujourd'hui mêlé à l'affaire des reclus de Monflanquin, et estime l'être à son corps défendant. La justice a, en effet, récemment considéré que le contrat de vente exclusif du château de Martel, qui liait en janvier 2008 l'agent à Charles-Henry et Christine de Védrines était nul, au motif qu'ils étaient à l'époque sous l'emprise mentale de Thierry Tilly, le gourou, et donc pas sains d'esprit. Une affaire qui, jusqu'ici, fait jurisprudence. Max Germa s'en serait bien passé, lui qui avait obtenu gain de cause devant le tribunal de commerce d'Agen.
« Pas une boule de cristal »
L'instance, en décembre 2009 (les reclus n'étaient alors pas encore sortis de leur prison mentale), avait, de fait, indiqué qu'un contrat exclusif faisait force de loi et que les Védrines, qui avaient vendu le château par un autre biais, ne l'avaient pas respecté. En conséquence, ils avaient été condamnés à verser plus de 40 000 euros à l'agent. La cour d'appel d'Agen en a donc décidé autrement le 17 novembre dernier.
Or, Max Germa, avec son avocat Me Bruneau, a décidé de se pourvoir en cassation pour faire annuler cet arrêt et espérer un nouveau procès. « Comment pouvais-je savoir que ces gens-là que je voyais régulièrement, qui circulaient librement dans le village, comment pouvait-on imaginer que cette famille, dont les membres étaient tous d'un haut niveau professionnel, pouvait être manipulée de la sorte ? » se justifie aujourd'hui Max Germa, qui entend prouver sa bonne foi et « laver son honneur », face aux sous-entendus selon lesquels il aurait profité de la situation de faiblesse des Védrines.
« Je ne connaissais pas Thierry Tilly. Je n'en avais d'ailleurs jamais entendu parler », se défend l'agent immobilier. Me Bruneau rappelle, par ailleurs, que son client subit là « les conséquences d'une emprise qui n'est pas de son fait ». Or, aux yeux du juriste, ce n'est pas à Max Germa d'en faire les frais. « Les Védrines n'ont qu'à se retourner contre le responsable de cette emprise. Nous, nous défendons le principe de la force obligatoire du contrat, qui est garant de la sécurité juridique. Car je rappelle qu'en vertu de l'arrêt de la cour d'appel d'Agen tous les contrats signés durant la période où ils ont été sous emprise pourraient être frappés de nullité. » Non sans malice, Me Bruneau rappelle que malgré cette emprise, les Védrines « avaient été tout à fait capables, en septembre 2008, de se porter en justice pour contester la validité du contrat signé avec Max Germa ».
Les résultats du pourvoi pourraient ne pas intervenir avant dix-huit mois.
Source : Sud Ouest, 22 janvier 2015,
http://www.sudouest.fr/2015/01/22/la-contre-attaque-1805116-3603.php