mardi 18 décembre 2012

Les survivalistes existent, mais personne ne les a rencontrés

Vol West et son blog, passage obligé des survivalistes.? - photo daniel bedrunes
Selon les prédictions mayas, l'Humanité devrait disparaître le 21 décembre. La Rep' est persuadée de paraître le 22, mais elle lance tout de même son compte à rebours, en vous proposant, chaque jour, un éclairage sur la fin du monde vue d'ici.

Connaissez-vous le survivalisme ? Sa doctrine, celle de Vol West, un Français installé aux États-Unis, véritable pape de cette Église sans chapelle : « Si la vie était un jeu, la seule règle serait de survivre. »

Eux s'appellent Liberty, Laguepe, Reno ou Khylsdrak. Des pseudos, évidemment. Ils se disent originaires du Loiret. On les découvre au hasard d'échanges sur le Survivaliste, LE blog référence de Vol West. Habituellement, les survivalistes préfèrent la discrétion.

RSF 45 sur Facebook

Ceux avec qui nous avons tenté d'entrer en contact n'ont pas donné suite. L'antenne locale du Réseau survivaliste francophone (RSF 45) a bien ouvert sa page Facebook, mais l'activité y est réduite. En février dernier, le dénommé Khylsdrak s'interrogeait sur la pertinence d'utiliser certains réseaux sociaux pour communiquer : « Un système décentralisé serait mieux que de se livrer corps et âme à une société privée telle que Facebook qui n'a aucun respect des individus ni de leur vie privée et qui peut s’effondrer du jour au lendemain. »

« Survivre à l'effondrement économique », c'est le titre du premier ouvrage de Piero San Giorgio, autre maître à penser d'un mouvement auquel il a permis de « s'inscrire dans la réalité ». À des années lumières des illuminés de Bugarach. Les rares survivalistes à avoir accepté de témoigner (anonymement) se dépeignent comme des amoureux de la nature, déterminés à prendre du recul sur la société de consommation. Mais pas que. Car le survivaliste s'est préparé au pire et semble prêt à tout pour s'en protéger.

Les syndicats du bâtiment du Loiret que nous avons sollicités ont assuré ne pas avoir entendu parler de constructions du type abri anti-atomique. Le survivaliste est apte à se débrouiller seul en pleine nature. Peut-être certains locaux ont-ils constitué leur « base autonome durable » en attendant le black-out. Stockant eau, nourriture, énergie nécessaire à l'autonomie, kit de premiers soins et, surtout, de quoi se protéger contre les menaces. Vol West préconise ouvertement l'utilisation des armes : « Si nos policiers et nos militaires ne sont pas là pour faire leur travail, pour nous assurer une certaine protection […] alors il me paraît logique que ce travail devienne une responsabilité individuelle. »

L'usage d'armes est préconisé par Vol West

« Qui a été forcé de prendre en charge le rôle du policier avant que l'armée et la police arrivent à contrôler la situation lors des émeutes de Los Angeles en 1992 ? Le citoyen armé… »

Message bien reçu pour le blog du Réseau d'échanges de la communauté Internet francophone survivaliste (Récif) qui, au milieu de vivres et de kits de survie, affiche un magnifique fusil d'assaut sur sa page d'accueil…

Nicolas Tavarès

Source: La République, Loiret, 18 décembre 2012
http://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/orleans-metropole/2012/12/18/les-survivalistes-existent-mais-personne-ne-les-a-rencontres-1378413.html