lundi 6 janvier 2014

Un médecin accusé d'avoir vendu de faux espoirs aux familles

Un traitement douteux du cancer
USA TODAY a enquêté sur le médecin de Houston Stanislaw Burzynski, qui depuis 36 ans, traite des malades en phase terminale avec des traitements non conventionnels. Alors que ses partisans voient en lui un héros, les critiques disent qu'il exploite la vulnérabilité.

Liz Szabo, René Alston, Keith Carter, Karl Gelles, Tory Hargro et Jerry Mosemak, USA TODAY
Liz Szabo, USA TODAY ,18 Novembre 2013
USA TODAY a rencontré des experts qui se demandent pourquoi ce médecin de Houston est toujours autorisé à proposer son traitement alternatif du cancer utilisant les « antineoplastons ».


Stanislaw Burzynski, un interniste, a traité des patientsatteints de cancers avec 
des médicaments expérimentaux non-reconnus, dans une clinique de Houston
(Photo Micheal Stravato pour US Today)

LINDEN, New-Jersey - Le dernier jour de sa vie, les parents de Josia Cotto lui ont  donné le choix. Le garçon de 6 ans luttait depuis 10 mois contre une tumeur au cerveau inopérable.
Lorsque sa mère, Niasia Cotto, le trouva dans son lit, incapable de réagir et d'ouvrir les yeux,  « nous savions qu'il y avait rien d'autre que nous puissions faire », dit-elle.
Une ambulance a emmené Josia dans une salle de soins palliatifs d’un hôpital local. Ses parents l'ont recouvert d'une couverture souple, bleue et blanche, le serrant et lui tenant sa petite main pour la dernière fois.
« Nous lui avons dit que ce choix était le sien, continuer à se battre, ou être en paix avec Dieu », dit sa mère. « Il a choisi. »
Les parents de Josia auraient payé n'importe quel prix pour le sauver.
Un médecin Texas, deux mois, plus tôt, leur avait avancé 25 000 $, par chèque ou en espèces.
S'accrochant à l'espoir, le couple de Linden, dans le New-Jersey, a emmené Josia pour aller voir Stanislaw Burzynski [1], un médecin de Houston qui prétend être capable de faire ce personne ne peut : guérir les tumeurs du tronc cérébral enfants inopérables.
En théorie tout autre médecin aurait récité les mêmes tristes statistiques : bien que les docteurs peuvent maintenant guérir 83 % des cancers pédiatriques aux Etats-Unis, il n'y a généralement pas espoir pour les enfants atteints d’une tumeur comme celle de Josia. Peut-être 5 % survivent cinq ans.
Burzynski - un interniste sans qualification ni formation en oncologie - a déclaré publiquement qu'il pouvait guérir la moitié des quelques 200 enfants par an diagnostiqués avec des tumeurs du tronc cérébral [2]. Il a été dit à la famille Cotto que le traitement pourrait coûter plus de 100 000 dollars [3], principalement de leur poche, car les assurances de santé refusent souvent de couvrir les traitements de la clinique Burzynski [4].
Burzynski, 70 ans, appelle ses médicaments " antinéoplastons " et dit qu'il les a prescrits à plus de 8 000 patients depuis 1977 [5].
Il a d'abord synthétisé ces médicaments riches en sodium à partir du sang et de l'urine – de l'urine collectée dans les parcs publics, les bars et les pénitenciers. Bien qu'ils soient fabriqués en laboratoire depuis 1980, ils conservent encore une odeur caractéristique et désagréable [6]. Et bien que les médicaments expérimentaux n'aient pas été agréés par la Food and Drug Administration, Burzynski les décrit comme le Saint Graal de la thérapie du cancer : sûrs , naturels et très efficaces. Il les a également prescrit comme traitement contre le Sida, le lupus et pour d'autres applications encore.
Témoignage :Des experts démentent les allégations de Burzynski concernant le cancer 

Témoignage: Familles à court d'espoir et d'argent après les traitements
 
Certains patients sont convaincus qu'il leur a sauvé la vie.

James Treadwell, de Coronado, Californie, est un partisandes traitements alternatifs
du docteur  Stanislaw Burzynski.Il a été traité pour une tumeur du cerveau 
(Photo Micheal Stravato pour US Today)
Mary Jo Siegel de Ventura, en Californie, dit qu'elle croit que Burzynski a guéri son lymphome. James Treadwell de Coronado, en Californie, attribue à Burzynski d’avoir guéri de sa tumeur au cerveau. Jenny Gettino de Syracuse  NY, dit que Burzynski a guéri sa fille d'une tumeur cérébrale infantile.
Pourtant, l'Institut national du cancer (NCI) dit qu'il n'y a aucune preuve que Burzynski ait guéri un patient, ou même en avoir aidé un seul à vivre plus longtemps [7]. Il n'a pas conforté ses déclarations par la publication de résultats provenant d’un essai contrôlé randomisé - considéré comme la norme reconnue de la preuve médicale - dans une revue évaluée par des pairs respectés [8].
Et les médicaments de Burzynski présentent un risque de préjudice grave, y compris coma, gonflement près du cerveau et la mort, selon le NCI et le consentement éclairé que les patients signent avant le début du traitement [9,10].
Alors que Burzynski a vanté ses traitements comme une alternative à la chimiothérapie, une étude de 1999 du NCI a constaté que les antineoplastons peuvent causer beaucoup d’effets secondaires identiques à la chimiothérapie conventionnelle : nausées, vomissements, maux de tête, des douleurs musculaires, de la confusion et des convulsions [11].
Beaucoup critiquent le système pour ne pas avoir su protéger les patients.
« C’est un vendeur d'huile de serpent », explique l’oncologue pédiatrique Peter Adamson, professeur de pédiatrie et de pharmacologie à l'Hôpital pour enfants de Philadelphie. « Cela dure depuis tant d'années, c'est vraiment incroyable. »
Depuis 36 ans, les critiques disent que Burzynski a vendu de faux espoirs à des familles désespérées au moment le plus vulnérable de leur vie.
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