lundi 3 février 2014

Tennis - L'ancien entraîneur Régis de Camaret jugé en appel pour viols sur mineures

L'ancien entraîneur vedette de tennis Régis de Camaret - condamné en première instance à huit ans de prison pour les viols de deux anciennes pensionnaires mineures de son club de Saint-Tropez - retrouve lundi après-midi en appel le box des accusés, devant un nouveau jury d'assises à Draguignan.
Lors de son premier procès d'assises, très médiatisé, en novembre 2012 à Lyon, il était resté de marbre face à ses nombreuses accusatrices venues décrire à la barre leur douleur. Il avait nié tout viol.
Vingt-huit anciennes élèves, aujourd'hui âgées de 37 à 50 ans, ont pourtant déclaré durant l'enquête avoir subi à l'adolescence des contacts physiques équivoques, des agressions sexuelles ou des viols. Les accusations s'étalent sur une quinzaine d'années, de la fin des années 70 jusqu'au début des années 90. Beaucoup de ces joueuses ne se connaissaient pas avant d'avoir été contactées par les enquêteurs.
Reste que la plupart des faits, évoqués tardivement, sont frappés de prescription. Vingt-six accusatrices ont donc un statut de témoins. Seules deux anciennes joueuses âgées aujourd'hui de 37 ans, Stéphanie Carrouget et Karine Pomares, ont pu se porter partie civile pour des faits remontant à 1989-1990.
Témoin crucial, Isabelle Demongeot - ancienne numéro 2 du tennis français - avait déposé plainte en 2005 à l'âge de 39 ans auprès de la gendarmerie de Draguignan, dévoilant un terrible secret qui l'avait empêchée de vivre normalement. Elle accuse son ex-entraîneur de l'avoir violée à partir de l'âge de 13 ans, en 1980 dans une chambre d'hôtel à l'occasion d'un tournoi. Des viols qui se répèteront pendant neuf années dans la voiture de Camaret, les vestiaires ou le local à balles du club de tennis des Marres à Saint-Tropez (Var).
En parlant, la championne découvre, au fil de l'enquête de gendarmerie, que beaucoup d'autres jeunes filles ont subi le même sort.
L'une d'elles, qui précise avoir subi des attouchements sexuels répétés dès 10 ans et avoir été violée à 14 ans au domicile de Camaret, avait déposé plainte en 2002 à Draguignan, mais l'affaire avait été classée sans suite en raison de la prescription.
Les jeunes femmes évoquent "un gourou" qui savait endormir la méfiance des parents, "un pervers" qui aimait s'introduire dans les douches ou les chambres des filles à l'internat, un adulte à "l'emprise terrible" qui clamait son plaisir d'être "un loup dans la bergerie". Plus jeunes, elles ont eu peur de parler, ont éprouvé de la honte et de la culpabilité, choisissant d'oublier. Toujours traumatisées à l'âge adulte, beaucoup souffrent de dépression et vivent une sexualité difficile.
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Source : Courier de l’Ouest, 3 février 2014,
http://www.courrierdelouest.fr/actualite/lancien-entraineur-regis-de-camaret-juge-en-appel-pour-viols-sur-mineures-03-02-2014-14832