mercredi 19 février 2014

Vendée : Le pédicure équin revient à la barre

Un habitant de Saint-Gervais se voit contester l'autorisation de parer les chevaux par un syndicat de maréchaux-ferrants.
La cour d'appel de Poitiers a la lourde tâche d'entériner, ou non, l'existence du métier de pédicure équin... L'année dernière, l'Union française des maréchaux-ferrants (UFMF) a attaqué en justice un habitant de Saint-Gervais (Vendée), parce qu'il proposait à des propriétaires de chevaux de parer leur monture à l'aide de méthodes « naturelles ». Cette technique venue des États-Unis consiste à garder les sabots nus en supprimant uniquement les excédents de corne.
« Je ne traite 
que des pieds sains »
En octobre dernier, le tribunal correctionnel des Sables-d'Olonne condamnait ce Vendéen à 1 000 €, dont 500 € avec sursis. La semaine dernière, ce passionné de cheval depuis trente ans est revenu à la barre pour obtenir gain de cause.
« Je ne suis pas maréchal-ferrant et je ne veux pas l'être. Je ne traite que des pieds sains », a-t-il clamé. « Sauf que, pour le savoir, il faut être maréchal-ferrant ou vétérinaire », a rétorqué Me Guilhemsang, avocat de l'UFMF, considérant que sa formation n'avait « aucun cadre légal ».
Le syndicat a identifié une vingtaine d'individus proposant ce genre de prestations en France. Il y en a peut- être d'autres. Le prévenu, lui, a démarré son activité il y a quatre ans, tout juste après un licenciement. Lors de l'audience, il a semblé sincère lorsqu'il a évoqué son « amour des chevaux ». Pour son avocat, Me Mayzaud, « les maréchaux-ferrants cherchent surtout à défendre leur chiffre d'affaires ».
Une ordonnance de janvier 2011 est venue préciser que les pédicures équins étaient autorisés à réaliser des soins qui n'étaient pas considérés comme des actes de médecine ou de chirurgie.
Dès lors, le débat s'est recentré sur la définition du parage. L'avocat s'est reposé sur le rapport d'un inspecteur des services vétérinaires pour affirmer que « le parage ne touche pas aux tissus vivants du pied ».
De son côté, le parquet s'est efforcé d'interpréter des textes abscons pour en déduire le contraire. Il a finalement requis la confirmation. L'arrêt sera rendu le 10 avril. Sans attendre, le pareur de Saint-Gervais, qui n'a pas l'intention d'arrêter son activité, a déjà affirmé qu'il irait en cassation en cas de décision défavorable.
Source : Ouest-France, mercredi 19 février 2014
Note du CIPPAD : le prévenu fait aussi la promotion de méthodes de soins alternatifs, recommandant des produits à base de miel, d’arbre à thé, d’argile ou de sels de métaux pour guérir le sabot du cheval souffrant d’infections bactériennes, d’abcès de la fourchette, d’inflammation des talons ou encore de mycoses.