mardi 11 mars 2014

Ancien détenu, il devient naturopathe

Daniel G. livre des anecdotes de son parcours atypique
Dans Petits récits de comptoir d’un herboriste, Daniel G. explique comment il s’en est sorti grâce au yoga, à la pensée positive et à une saine hygiène de vie. Il donne des conférences et se rend dans des écoles dans le but d’éviter aux jeunes de suivre le chemin de la violence.
Comment en êtes-vous arrivé à la délinquance ?
"Je traînais en rue, dans les cafés et les gens que j’ai rencontrés m’ont dit que je n’avais plus d’avenir et qu’il ne me restait plus qu’à voler. En prison, je suis tombé sur deux caïds qui m’ont dit qu’ils s’attaquaient aux coffres-forts et ils m’ont expliqué. À ma sortie, j’ai commis des hold-up puis j’en suis arrivé à attaquer une armurerie au centre de Liège. Trois mois plus tard, j’ai été arrêté et je me suis retrouvé à la prison de Verviers où je suis tombé sur un autre gars qui m’a parlé d’attaquer des banques. Et c’est comme cela qu’à ma sortie, j’ai été impliqué dans un braquage de banque à l’étranger qui a mal tourné."
Qu’est-ce qui vous a fait changer ?
"Je suis tombé malade en prison et je me suis dit que c’était peut-être dû à l’alimentation. En lisant, j’ai appris la diététique puis j’ai commencé à faire du yoga. J’ai compris que quand on émet des bonnes choses, seules des bonnes choses peuvent nous revenir. Je faisais du yoga, de l’exercice physique, je me levais tôt pour qu’il fasse propre dans ma cellule... On a cru que je préparais un coup et on m’a envoyé chez le psychiatre. De fil en aiguille, il m’a incité à rédiger des articles de diététique et certains ont été publiés dans une revue. C’est ainsi que je me suis fait connaître. J’étais le détenu de Tournai qui recevait le plus de lettres et des gens m’envoyaient des petites sommes d’argent. Vingt et une personnes ont écrit au Roi pour demander ma libération et j’ai été libéré."
Et après ?
"Je suis devenu un Saint-Nicolas diététicien, dans un magasin, qui donnait des conseils aux enfants. J’ai repris un magasin de miel et cela a été difficile au début. J’ai rencontré ma femme et nous avons eu trois enfants. Les accouchements ont eu lieu à la maison. J’ai obtenu le diplôme d’herboriste puis j’ai appris la naturopathie. Je me suis présenté sur une liste électorale et j’ai été élu premier suppléant. J’ai alors reçu un courrier disant que je ne pouvais pas voter pendant 150 ans ! En fait, suite à une erreur informatique, on croyait que j’avais été condamné à vie... Le passé finit par vous rattraper et il faut toujours avoir l’énergie pour lutter contre cela."
Source : Dernière Heure Belgique, 8 mars 2014,
http://www.dhnet.be/actu/economie/ancien-detenu-il-devient-naturopathe-531b9105357024dca8563966