samedi 22 mars 2014

Argentan - Disparu de l'Orne : un sourcier relance l'enquête

En 2012, un éleveur de chevaux de l'Orne disparaissait mystérieusement. Alors que l'affaire était en passe d'être classée, un radiesthésiste a perçu la présence d'un corps sous une dalle de béton.
« Les sols du site de GDE vont être radiographiés dans les prochaines semaines », annonce le procureur de la République d'Argentan, Hugues de Phily. Le but ? Vérifier qu'un corps ne se trouve pas sous la dalle de béton du centre d'enfouissement des déchets de la société Guy Dauphin Environnement, à Nonant-le-Pin, dans l'Orne.
C'est l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) qui effectuera ces opérations « dans les prochaines semaines ». Avant d'éventuelles fouilles.
Ces recherches font suite aux révélations d'un sourcier radiesthésiste, domicilié dans l'Orne, qui dit avoir « ressenti » quelque chose le 22 décembre, alors qu'il se trouvait sur place en compagnie de Thierry Ardisson. L'animateur de télévision a une propriété dans les environs et apporte son soutien aux militants anti-GDE. Le sourcier, qui veut rester anonyme, se dit convaincu qu'il y a « un rapport avec André Blandin ». Cet ancien éleveur de chevaux de Nonant-le-Pin, est porté disparu depuis novembre 2012.
« Il ne s'agit pas de croire mais de vérifier »
Le sourcier radiesthésiste, connu pour avoir retrouvé des corps de soldats disparus pendant la guerre, a été interrogé par la juge d'instruction chargée de l'enquête. Le 6 janvier, il est retourné sur le site en compagnie de la magistrate et de gendarmes afin de préciser la localisation de ce qu'il pense être un corps. Le procureur reconnaît que le procédé est « inhabituel », mais, précise-t-il, « il ne s'agit pas de croire mais de vérifier ».
Dans ce village de 530 habitants tiraillé par le conflit qui oppose une partie de la population à GDE, la disparition d'André Blandin a marqué les esprits. Il a été aperçu pour la dernière fois le 15 novembre 2012, dans le bourg de Nonant. Pendant plusieurs mois, les enquêteurs ont sondé les rivières, fouillé le village, remonté le passé du septuagénaire.
Le 11 février, un vigile chargé de surveiller le centre d'enfouissement avait été retrouvé mort noyé dans un bassin du site. L'autopsie avait alors confirmé la thèse accidentelle. « C'est une autre affaire, encore en cours », dit le procureur.

Élodie DARDENNE.
Source : Ouest-France, 22 mars 2014
Note du CIPPAD : la justice partagée entre Descartes et la pensée magique ?