mardi 22 avril 2014

Algérie - Hépatite C : Pourquoi le recours à la scarification ?

En dépit de l'amélioration des prestations médicales en matière de prise en charge des malades d’hépatite virale dans les hôpitaux d’Oran, dont l’EHU "1er novembre" où a été pratiquée une première greffe du foie à une personne atteinte d’hépatite, et et de la disponibilité de médicaments à titre gracieux, les malades ont toujours recours à la thérapie traditionnelle.
Des dizaines de malades de différents âges et de rangs sociaux en quête d’une guérison rapide se livrent à ces séances quotidiennement.
Dans une maison où se pratique cette méthode traditionnelle à Hai "El Hassi", des malades attendant leur tour soulignent que la guérison de la jaunisse par la scarification est garantie, partant d'une croyance que ses pratiquants ont "la baraka" héritée des ancêtres. Leur prouesse est prouvée, dit-on.
L'engouement pour ce procédé est favorisé, dans la plupart des cas, par un sentiment de désespoir quant à une guérison. Il y a aussi l'effet d'entraînement qu'exerce le guérisseur se prévalant capable de délivrer le malade de cette pathologie.
Des formules magiques sont utilisées dans ce sens selon tout un rituel gagnant la confiance du malade et de ses proches et imprégnant une "légitimité sociale" à la pratique, comme l'explique la chercheuse Benaama Aicha.
Le guérisseur introduit également une touche mystique aux séances de scarification renforçant la croyance du malade à une guérison certaine et dégageant sa responsabilité en cas de mauvaise tournure", a-t-elle ajouté.
La confiance du malade est acquise aussi par le temps que prend le guérisseur à l'écouter avec passion. Un genre de psychothérapie, selon le professeur Benaama qui souligne que la majorité des malades trouvent ce traitement facile et rapide leur épargnant de sempiternels déplacements contraignants vers les hôpitaux pour des tests ou l'hospitalisation.
Dans ce sens, Dr Gasmi Nassima du service de médecine légale du CHU Oran indique que si les médicaments sont offerts gratuitement aux hôpitaux, les analyses de sang relatives à l’hépatite virale sont coûteuses et que le malade ne peut, par conséquent se payer des analyses périodiques pour contrôler son état.
Le remboursement des frais d'analyses reste dérisoire, ce qui nécessite une révision par la Caisse nationale d’assurance sociale (CNAS) pour encourager le malade à poursuivre son traitement aux hôpitaux et à ne pas recourir à la médecine alternative, voire traditionnelle peu coûteuse mais aux conséquences parfois néfastes.
Source : Maghrebnaute, 21 avril 2014,
http://www.maghrebnaute.com/sciences-et-sante/article/hepatite-c-pourquoi-le-recours-a-la-scarification_2732.html