mardi 15 avril 2014

Dérives intégristes au lycée catholique Gerson : l'association Alliance Vita dément

POLEMIQUE – Selon une information Europe 1, des professeurs, parents et élèves du lycée catholique Gerson situé rue de la Pompe dans le 16e arrondissement se sont plaints "des dérives intégristes" dans l'enseignement dispensé dans l'établissement. Mise en cause notamment pour ses propos sur l'avortement, l'association Alliance Vita dénonce ces "mensonges" et calomnies".
Alors que les adolescents sont en vacances, l'affaire secoue le 16e arrondissement et agite les réseaux sociaux depuis ce lundi matin. Selon une information Europe 1, plusieurs enseignants, parents d'élèves et élèves du renommé lycée Gerson situé 31, rue de la Pompe s'inquiéteraient depuis quelque temps de "dérives intégristes dans le contenu des enseignements" de l'établissement. En cause dans ce dossier, les interventions de membres d'Alliance Vita, association fondée en France en 1993 au moment des premières lois bioéthiques, organisées cette année.
Des filles "semi-meurtrières"
Une élève de terminale, citée par la radio, dénonce ainsi une "tentative d'endoctrinement sous couvert de catéchèse". "Une fille, par exemple, qui prend la pilule du lendemain, ne sait pas s’il y a fécondation. Elle est donc considérée comme ‘semi-meurtrière’. En revanche, une fille qui avorte commet un ‘homicide volontaire’", a-t-elle raconté à nos confrères.
Une professeur du lycée Gerson rappelle que bien que l'établissement soit catholique, il est aussi "sous contrat avec l'Etat". Pour elle, "ce genre de discours n'y a pas sa place". "L’Opus Dei est au sein de notre établissement aujourd’hui, c’est incontestable. La responsable de cycle et une collègue, au moins, sont de l’Opus Dei. Nous ne sommes plus dans l’offre d’une spiritualité mais dans l’imposition d’une vision des plus obscurantistes de notre société" a-t-elle confié à Europe 1.
"Accusations anonymes inacceptables"
Contactée à plusieurs reprises par metronews depuis la diffusion de l'information, Alliance Vita est restée injoignable. En milieu de journée, l'association a fini par réagir dans un communiqué. "Deux membres de l’association ont été accusés anonymement de propos outranciers qu'elles n'ont jamais tenus. Alliance VITA dénonce fermement le mensonge, la calomnie et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail", peut-on lire dans ce texte.
"Les personnes qui se sont exprimées à Gerson sont formées, responsables et respectueuses, précise Henri Desoos, directeur des études d’Alliance Vita dans ce communiqué. Or, après l'intervention à Gerson, différents écrits, certains anonymes, ont circulé, prêtant aux deux intervenantes des propos outranciers qu'elles n'ont jamais tenus. D’une part, les accusations anonymes sont inquiétantes et inacceptables, et VITA souhaite que la lumière soit faite sur ces propos calomnieux. D’autre part, on dirait que certains souhaitent que le sujet de l’interruption volontaire de grossesse reste tabou. Pourtant, le sujet de l’avortement est un vrai sujet de société qui mérite d’être abordé auprès des jeunes".
L'académie de Paris, sollicitée par metronews, n'a fait aucun commentaire sur ce dossier. Selon Europe 1, plusieurs "inspections sont en cours" pour déterminer le vrai du faux dans cette affaire et ramener un peu de sérénité au sein du lycée.
AURÉLIE SARROT

Source : MetroNews, 15 avril 2014,
http://www.metronews.fr/paris/derives-integristes-au-lycee-catholique-gerson-a-paris-l-association-alliance-vita-dement/mndn!9gKR39Sy6FA/
 
Note du CIPPAD : Aux côtés du Président d’Alliance VITA, on trouve son Délégué général M. Tugdual DERVILLE, dont le frère Guillaume est le Directeur spirituel de la prélature de l’Opus Dei à Rome. Gravitent également autour d’Alliance VITA un ensemble d’associations (Sos bébé, Un de nous, Mon secret, Je suis enceinte), dont les sites, administrés, comme celui d'Alliance VITA, depuis Montfaucon-en-Velay, visent à influer sur le  choix des femmes à avorter.