mardi 22 avril 2014

Des documents du Vatican montrent que plusieurs papes avaient connaissance des problèmes existant chez les Légionnaires du Christ

Le pape Jean-Paul II et ses principaux conseillers n'ont pas saisi la gravité du problème des abus sexuels jusqu'à la fin de son pontificat de 26 ans, en particulier les préoccupations concernant la trouble Légion de l'ordre du Christ et de son chef, le révérend Marcial Maciel. Mais les problèmes de la Légion ne sont pas neufs pour le Vatican, selon une mine de 212 documents du Vatican présentés en 2012 dans le livre "La volonté de ne pas savoir", et mis en ligne à www.lavoluntuddenosaber.com. Voici un aperçu de certaines des critiques les plus pointues concernant Maciel trouvées dans ces archives, qui comprenait aussi beaucoup de lettres d'évêques et de responsables du Vatican faisant son éloge ainsi que celui de sa congrégation.
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8 juin 1948:
- Rapport de l’enquêteur religieux envoyé par le Vatican en Espagne pour déterminer si la nouvelle association de Maciel doit être approuvé comme un ordre religieux. L'enquêteur, le jésuite Rev Lucio Rodrigo, rapporte des violations du sceau confessionnal, rapporte que Maciel a falsifié des documents, démontre « une certaine lassitude morale », et vit une vie qui « n'était pas très pieuse, et en même temps très à l'aise. »
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28 mai 1962:
- L’Eglise résume les accusations du dossier de Maciel: suspendu comme supérieur par le Vatican de 1956 à1958, il lui a été ordonné de suivre une traitement médical pour soigner ses « abus » de morphine. Maciel présente également une « conduite morale douteuse, » fait un usage personnel de « grandes quantités d'argent » sans pouvoir en identifier les origines, donne des directions spirituelles « dangereuses » pour les autres en ce qui concerne le vœu de chasteté des prêtres, et exige des prêtres de sa congrégation vœu de ne pas critiquer leurs supérieurs.
Ce vœu, que la Légion a officiellement supprimé seulement en 2007, a été la clé de la réussite de Maciel pour empêcher ses prêtres d’aller plus loin dans les allégations portées contre lui.
« Compte tenu de la nature des accusations ... le moment est venu de prendre des mesures définitives concernant le père Maciel, et pour éviter aussi qu’un important scandale public ne se produise », peut-on lire dans le résumé. Il est recommandé de le suspendre de sa fonction de supérieur, de nommer d’un nouveau supérieur et d’envoyer
un enquêteur du Vatican, ou bien de placer la Légion dans les mains de l'archevêque de Mexico.
Rien n'a été fait.
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6 août 1979:
L'envoyé du Vatican à Washington envoie à l’Eglise une lettre de l'évêque de Rockville Center, New York, accompagnée de neuf annexes détaillant les accusations portées contre Maciel par deux anciens prêtres de la Légion travaillant maintenant dans son diocèse. La documentation comprend:
-Une lettre du 20 octobre 1976 du révérend Juan Vaca, qui fut le supérieur pour les Légionnaires du Christ aux États-Unis de 1971 à 1976, à Maciel, dénonçant cette nuit de 1949, lorsque la « honte et la torture morale » a commencé dans sa chambre, nommant aussi 20 autres séminaristes et prêtres de la Légion dont Maciel a abusés sexuellement au cours des années.
- Le 24 décembre 1978, une déclaration sous serment d'un autre ancien prêtre de la Légion, Félix Alarcon, rapporte l'histoire de Vaca, indiquant aussi qu’il avait lui même été victime de Maciel et avait été forcé de lui procurer de la morphine.
- Le résumé du 21 Juin 1979 de la déposition d’Alarcon au chancelier du Rockville Center, Mgr John Alesandro, détaille les accusations. Alarcon « estime que le fait que l'activité homosexuelle et l’usage de la drogue du fondateur de la congrégation puisse perdurer pendant une si longue période de temps sans sanction est aussi le signal d’un problème plus profond au sein de la congrégation elle-même», écrit Alesandro. "La congrégation est « une secte » avec des adeptes enrégimentés et endoctrinés, servilement dépendant d’une personnalité centrale."
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30 septembre 1979
- Une analyse des documents du Rockville Center par l’Eglise conclut que les crimes allégués par Vaca ont eu lieu il y a longtemps et que le dossier devrait être fermé, « surtout que depuis la congrégation est en plein essor et maintient sa discipline et sa ferveur. » Si les accusations sont à prendre au sérieux, ça continue, Maciel devrait être invité à s’expliquer. S'il les dément, « laissez-le aller. » S'il avoue, il devrait être invité à démissionner volontairement, recommande l’Eglise.

Source : Associated Press et Star Tribune, 21 avril 2014, traduit avec l’aide de Google traduction,

http://www.startribune.com/world/255966161.html