mardi 13 mai 2014

LE REJET DU VACCIN, UN DANGER PUBLIC

La rougeole devrait n'être qu'un lointain souvenir. Grâce à une vaccination efficace et disponible, la maladie était censée disparaître du territoire français en 2010. C'était compter sans la résurgence des « anti-vaccins », dont les rangs ne cessent de grossir. Résultat : un pic épidémique en 2011, aujourd'hui maîtrisé, une population de moins de 30 ans insuffisamment vaccinée et une confiance dans les vaccins qui s'amenuise chaque année un peu plus.
Cette défiance est particulièrement dangereuse - et égoïste : refuser de s'immuniser, c'est exposer tous ceux qui nous entourent aux virus de la grippe, de la rougeole, des oreillons... Ainsi les élèves d'une école de Rennes que les parents avaient refusé de faire vacciner ont déclenché une épidémie de rougeole dans toute l'agglomération bretonne ces dernières semaines.
Les laboratoires publics et les laboratoires pharmaceutiques ont indéniablement une responsabilité dans ce rejet massif. Entre la catastrophique campagne de vaccination contre la grippe A[H1N1] en 2010 et les scandales sanitaires à répétition, les raisons d'être méfiant ne manquent pas. Pour autant, sombrer dans l'obscurantisme et l'opposition systématique à toute piqûre risque de provoquer un immense bond sanitaire en arrière.
CLOTILDE CADU
Source : Marianne , 9 mai 2014