samedi 24 mai 2014

LES IRANIENNES ONT CHAUD

Si de plus en plus de jeunes Françaises font du voile une revendication de
« choix » et de « liberté », leurs consœurs iraniennes, elles, savent que le voile est tout sauf une question de libre arbitre. Depuis la révolution islamique, ôter le bout de tissu coûte soixante-dix coups de fouet, soixante jours de prison et une amende. Depuis l'adoption de ce texte en 1979, les rues iraniennes se sont couvertes de voiles noirs, et les belles chevelures des femmes ont disparu
du paysage. Braver un tel arsenal juridique, ça, c'est un acte de courage.
C'est la campagne lancée par une avocate iranienne installée à Londres,
Masih Alinejad, qui a invité les Iraniennes de l'intérieur à publier leurs photos cheveux au vent sous le hashtag «#mystealthy Freedom » (« ma liberté furtive »). Lorsque le tchador tombe, il dévoile de belles femmes habillées à la mode occidentale, volant des clichés furtifs, tantôt à côté d'une pancarte indiquant la direction de Téhéran, tantôt dans le Mazandéran ou dans la cité antique de Pasargades. Le voile, on le voit bien sur les photos, mais autour du cou ou volant au vent.
Près de deux cents femmes ont posté leurs photos sur la page Facebook,
qui recueille des centaines de milliers de « like ». De leur côté, les autorités iraniennes ont mené une campagne médiatique nationale contre Masih Alinejad, et une manifestation a réuni près de mille personnes à Téhéran scandant : «Mort à celles qui enlèvent le voile !» Mort aux cons, surtout !
Zinab El Rhazoui
Source : Charlie Hebdo, 21 mai 2014