vendredi 16 mai 2014

SANTÉ
- Autun - Paroles de rebouteux !

De plus en plus reconnues dans certains pays, des pratiques de médecine parallèle sont toutefois courantes dans nos contrées.
Sur la table de l’entrée, un ouvrage des Éditions Christian Trédaniel, du nom du fondateur de l’étiopathie, une médecine non conventionnelle et non-reconnue en France. Plus loin, une table de soin a été dressée au milieu de la pièce à vivre, sur laquelle est allongé un homme « gaillard », personnalité forte de la région. Gaby a fait une chute. Il a mal à l’épaule et il n’en est pas à sa première visite chez cette rebouteuse d’Auxy. « J’étais venu il y a quelque temps pour mon genou, j’avais mal, il avait triplé de volume, elle m’a guéri. » Les médecins généralistes ? « Oui, j’y suis allé, mais ils me parlaient de me faire opérer ou des trucs comme ça ! », rigole l’ancien maire d’une commune de l’Autunois. Monique* ne se désigne toutefois pas comme guérisseuse. Elle se réclame davantage comme adepte de Reiki, dont elle a passé les trois niveaux de maîtrise.

Reiki et magnétisme

Cette technique est censée canaliser les énergies par imposition des mains : « Je réactive l’énergie dans la personne, je lui remets les chakras en route »... et le corps fait le reste. Les personnes qui viennent se faire réactiver les énergies souffrent de zonas, d’eczémas, d’entorses, de sciatiques, de calculs rénaux ou de hernies discales. Les témoignages sont nombreux dans la région pour dire le bien procuré par Monique.
Cette dernière profite également de son don pour rendre service aux gens qui lui demandent. Un don encore plus mystérieux mais dont le constat de l’action est tout autant inéluctable d’un point de vue empirique : le magnétisme.

Coupeur de feu
Du côté de Luzy, Bernard* a découvert son magnétisme très tardivement et de manière fortuite. Alors qu’il était gendarme (il aujourd’hui est à la retraite), Bernard intervient sur un très grave accident dans les années 80. Il raconte découvrir qu’il apporte un soulagement à un blessé par un contact très proche d’une main sur une blessure : Bernard est coupeur de feu, il stoppe rapidement l’effusion de sang d’une blessure et accélère la cicatrisation des brûlures.
Il en aura la confirmation quelque temps plus tard alors que son médecin lui indique d’aller voir un rebouteux pour un souci aux vertèbres : « C’est lui qui m’a dit alors que je pouvais me soigner moi-même car j’avais le magnétisme ! »
Là aussi, aucune validation scientifique dans cette pratique, et pourtant bien des gens viennent frapper à la porte de Bernard pour lui demander un service.
L’importance de la démagnétisation
Sa technique : il utilise une seule main qu’il pose à deux ou trois centimètres des organes qu’il veut « réveiller ». « Je commence toujours par activer l’hypophyse, qui commande tout, dont le système immunitaire, pendant deux à trois minutes. » Bernard amène ensuite sa main là où « le mal » est signalé ou bien là où lui le ressent. Plus le mal ou la douleur est forte, plus Bernard la ressent aussi. Ce qui l’amène à subir des séances difficiles pour lui : « Je me vide de mon énergie, je prends parfois le mal si je ne démagnétise pas bien. » Pour démagnétiser, Bernard met sa main sous l’eau qui ramène alors l’énergie à la terre.

* Prénoms d’emprunt
Éric Dujardin

Source : Le Journal de Saône et Loire, 15 mai 2014,
http://www.lejsl.com/edition-autun/2014/05/15/paroles-de-rebouteux