vendredi 20 juin 2014

Inde - Trois prêtres inculpés pour 
meurtre

L'enquête sur l'assassinat du recteur du séminaire pontifical Saint-Pierre de Bangalore sème le trouble dans la communauté catholique du Karnataka.
Mardi 17 juin, la police criminelle de Bangalore a formellement inculpé cinq personnes – dont trois prêtres catholiques et un ex-séminariste – pour le meurtre du recteur du séminaire pontifical Saint-Pierre (Saint Peter's Institute), commis dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2013. Eglise d'Asie, qui relaye l'information, explique que “la thèse d'une rivalité interne est confirmée par les enquêteurs”.
L’affaire de l’assassinat du Père K. J. Thomas sème le trouble dans la communauté catholique du Karnataka, Etat du sud de l'Inde dans laquelle est installé le séminaire, fondé en 1778 par les Missions Etrangères de Paris (MEP). Très vite, les enquêteurs ont orienté leurs investigations vers une affaire de rivalité interne au séminaire et à l’Eglise locale. L’annonce, le 21 mars dernier, de l’arrestation de deux prêtres catholiques et d’un ex-séminariste après plus d’une année d’enquête sans résultat, avait fait grand bruit, indique l'agence d'information des MEP. L’inculpation, prononcée le 17 juin pour des raisons de procédure, ne semble pas de nature à refermer le dossier.
Rivalités ethniques
Le responsable de la police criminelle de Bangalore, Pranab Mohanty, a déclaré lors d'une conférence de presse que les enquêteurs ont mis à jour “l’affaire dans sa totalité”. Les deux prêtres ainsi que l’ex-séminariste auraient agi avec la complicité d’un troisième prêtre. Quant au mobile du crime, la police réaffirme que des “rivalités internes à l’institution sont la cause du meurtre”.
Eglises d'Asie indique que “les inculpés tenaient le recteur pour responsable du non-avancement de certaines personnes dans la hiérarchie du séminaire. Les prêtres du Karnataka s’exprimant en langue kannada auraient été désavantagés par rapport aux prêtres tamoulophones.” Toujours selon ce responsable de la police criminelle de Bangalore, l’inimitié aurait pris racine il y a quatre ans, “lorsque le Père Thomas a été confirmé dans ses fonctions de recteur pour un deuxième mandat consécutif”.
L'archevêque mis en cause
Depuis les arrestations du 21 mars dernier, une association de prêtres kannada dénonce ce qu’elle perçoit comme “un coup monté” visant les prêtres du Karnataka de langue kannada. Elle met en cause l'archevêque de Bangalore, Mgr Bernard Moras. Le 5 avril dernier, devant l'ampleur des accusations, il avait rédigé une circulaire, publiée par Eglises d'Asie, dans laquelle il souhaitait “apaiser les esprits” dans cette affaire qui “concerne l’Eglise tout entière”. L'archevêché n'a pas réagi à l’annonce des inculpations. Conscient des divisions qui minent son diocèse, Mgr Moras avait lancé, le 5 mars dernier, “une année de la réconciliation”.
ANNA LATRON, AVEC EGLISES D'ASIE
Source : La Vie, 20 juin 2014,
http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/trois-pretres-indiens-inculpes-pour-meurtre-20-06-2014-54198_16.php