lundi 2 juin 2014

La science occidentale et l’énergie du Qi Gong

Le Qi Gong est une gymnastique traditionnelle chinoise qui repose sur l’énergie ou le « souffle » du Qi. Mais l’énergie est aussi une donnée mesurable qui est au cœur de la physique occidentale. Parle-t-on dans les deux cultures de la même énergie ?
L’énergie de la science physique
L’énergie est une notion qui est étudiée depuis les débuts de la science occidentale. Aristote, le philosophe grec du IIe siècle avant notre ère, évoquait déjà deux faces de l’énergie qui depuis ont été affinées et transformées : l’énergie cinétique, celle qui fait bouger les choses, qu’il nommait « la force vive » et l’énergie potentielle, une énergie retenue que l’on choisit de libérer ou pas, comme l’eau dans un barrage ou l’électricité dans une pile. Mais si la notion d’énergie a beaucoup évolué dans le temps, il s’agit d’abord d’une donnée objective, mesurable et quantifiable.
De multiples formes
Pour l’astrophysicien Morvan Salez « l’énergie, comme l’argent, se conserve, c’est une des grandes lois de la physique, mais elle change de forme : il y a autant d’énergie aujourd’hui dans l’univers qu’à ses débuts, on ne fait pas apparaître d’énergie, elle se transforme ». L’énergie peut donc prendre des apparences très variées. Au XXe siècle, Einstein a découvert que la matière, la masse, est une forme de l’énergie. Cette matière peut être convertie en rayonnement et on peut aussi faire apparaître de la matière à partir de l’énergie, c’est ce qui se passe dans les étoiles, par exemple.
L’énergie du Qi
La pratique du Qi Gong repose sur l’énergie, appelée aussi « souffle » du Qi. La traduction la plus proche des idéogrammes « Qi » et « Gong » est « travail de l’énergie ». C’est aussi le mot qui revient le plus souvent pendant un cours de Qi Gong, « sentir les énergies » et dans la bouche des pratiquants lorsqu’on les interroge. Cette énergie repose sur la description des méridiens dans la médecine chinoise traditionnelle, dans laquelle l’énergie vitale du corps circule par douze canaux appelés méridiens, qui relient les organes entre eux – l’acupuncture fonctionne sur ce principe.
La cuisson du riz
La calligraphie de l’idéogramme « Qi » signifie également « cuisson du riz », comprenant à la fois l’énergie produite par la cuisson et le riz lui-même, qui procure l’énergie au corps. Dans ces deux formes d’énergies, la première est une production d’énergie immédiate sous forme de chaleur, de vapeur, la seconde est une énergie potentielle, qui sera utilisée plus tard comme pour la cuisson du riz, l’énergie du Qi se situe en réalité dans la transformation, dans le processus lui-même.
Pour Dominique Casaÿs, président de la fédération des professeurs de Qi Gong et kinésithérapeute, « les Chinois ont observé la nature, ont vu que tout ce qui existe se transforme et ils ont nommé ce principe de transformation le Qi. Le Qi, c’est ce qui donne mouvement à ce qui existe ».
Une proximité à démontrer
Si les termes employés dans la science physique et dans le Qi Gong sont proches - transformation, énergie potentielle -, l’énergie physique du Qi n’a jamais été mesurée ni quantifiée scientifiquement et il n’existe pas d’études sur ce domaine dans la science occidentale. Pour le physicien Morvan Salez « la science occidentale, qui a tendance à couper le corps de l’esprit, n’appréhende pas encore cette réalité. Il se pourrait pourtant qu’il y ait là une forme d’énergie qui reste à découvrir ». C’est donc un vaste champ de la physique associée à la biologie qui reste à défricher.
par Agnès Rougier

Source : Radio France Internationale, 31 mai 2014,
http://www.rfi.fr/science/20140530-energie-qi-gong-science-occidentale/

Note du CIPPAD : Depuis le temps qu’on l’attend, si l’énergie du Qi finit par montrer le bout de son nez, il lui faudra une sacrée bonne excuse...