lundi 9 juin 2014

L’éternel débat sur l'homéopathie

Plus de deux siècles après son invention par le médecin allemand Samuel Hahnemann, et plus de vingt-cinq ans après l’« affaire Benvéniste » (1), l'homéopathie, à laquelle 53 % des Français font confiance, au point d'être les premiers consommateurs mondiaux de petits tubes de granules, fait toujours débat. Défait, cette pratique médicale, reposant
sur trois principes, la similitude, l'individualisation et l'infinitésimal, a l'étonnant privilège d'être remboursée par la Sécurité sociale sans avoir prouvé son efficacité.
« À ma connaissance, aucune étude clinique ne permet d'affirmer qu'il existe une efficacité spécifique des produits homéopathiques et que l'effet de ces derniers est supérieure à celui du placebo, confirme Lamiae Grimaldi-Bensouda, médecin, vice-présidente scientifique de LASER, société spécialisée dans l'évaluation du médicament, et professeure associée au Conservatoire national des arts et métiers. L'étude EPI3, coordonnée par le cabinet LASER, a toutefois montré que l'homéopathie étant prescrite par des médecins, en France, et même fréquemment par un quart d'entre eux, les patients ne se portent, en général, pas plus mal. En effet, ces médecins prescrivent aussi d'autres médicaments actifs et moins de produits sans grande efficacité dans certains troubles mais avec des effets secondaires importants (psychotropes, anti-inflammatoires non stéroïdiens). En revanche, la même étude montre que, dans les infections respiratoires, la moindre utilisation des antibiotiques - à tort- peut soulever des questions. »
Récemment, une étude conduite par le Conseil national australien de la recherche
en santé et en médecine est parvenue à la conclusion qu'il n'existait aucune preuve fiable de l'efficacité de l'homéopathie sur 68 affections ciblées.
(1) Affaire Benvéniste
En 1988, l'immunologiste Jacques Benvéniste publia dans la revue Nature 
un article affirmant que l'eau conserve la trace des substances qui y ont séjourné. Ce travail, qui justifiait les affirmations des homéopathes, n'a jamais pu être répliqué de façon fiable.
Source : Article du dossier « MÉDECINES ALTERNATIVES, ce qu’en dit la science », Revue Science & Santé de l’INSERM, mai-juin 2014.