jeudi 21 août 2014

Boulogne - L' hypnose pour remplacer l'anesthésie

C'est une technique nouvelle qui se développe à la vitesse grand V au sein de tous les centres hospitaliers de France, et à Duchenne en particulier.
Il s'agit, pour les médecins anesthésistes, d'associer l'injection de très faibles doses d'anesthésique à une hypnose. Une méthode aux multiples avantages, témoignages de patients à l'appui.
 Pour l'heure, ils ne sont que deux médecins à pratiquer l'hypnosédation. C'est le nom donné à cette intervention très récente, qui est à la fois un substitut et/ou un complément à la prise de produits anesthésiques. A l'hôpital Duchenne, elle est pratiquée par Sylvain G. et Antoine L., deux jeunes médecins anesthésistes. Mais six infirmières (anesthésistes) sont également formées.
Qu'est- ce que l'hypnose ?
Ce n'est pas un état de sommeil. On peut la décrire comme un fonctionnement cérébral particulier qui s'installe lors d'une relation hypnotique, lorsqu'un sujet répond aux suggestions qui lui sont faites par une autre personne (hypnotiseur ou accompagnateur).
On sait que l'hypnose peut bloquer l'information de la douleur, avant même qu'elle n'arrive au cerveau. On lui substitue alors une autre sensation, agréable, celle-ci évoquant des moments de plaisir. On parle d'hypnosédation.
« C'est un état passager de conscience modifiée, rendu possible par l'attention qui est portée (par le patient) sur un souvenir agréable », commentent les deux spécialistes. Cette attention est si "intense" que le patient devient alors indifférent à son environnement extérieur. En état d'hypnose, le patient va réagir aux questions des médecins et infirmières, par des signes du corps, mais sans être en mesure de parler. « Mais à tout moment, vous pouvez signaler à l'équipe d'anesthésie un inconfort, par un signal convenu au départ, comme le serrement de la main ou le clignement des paupières, précisent les deux médecins. Si la situation d'inconfort persiste, on peut à tout moment, en fonction de vos besoins ou de vos envies, changer de technique et poursuivre l'intervention sous anesthésie générale ou sédation seule. » Une situation qui arrive rarement en pratique. De toute façon, l'équipe d'anesthésie reste en permanence à côté de vous, tout en mettant en place la surveillance habituelle à toute anesthésie pour votre sécurité.
Etre volontaire
En outre, la technique de l'hypnose n'est en aucun cas imposée au patient. Elle est proposée. « Motivation, confiance et coopération sont les maîtres mots. On ne force jamais les gens. C'est toujours le patient qui décide. » De surcroît, la technique ne s'applique que pour les actes chirurgicaux les moins lourds, mais le champ d'intervention reste très vaste et est amené à s'étendre : ponction de moelle osseuse, pose de péridurale, coloscopie, chirurgie plastique, tumeurs cutanées, douleurs chroniques, luxation, etc.
S.D.

L'hypnosédation a été introduite en 1992 par l'équipe de Marie-Elisabeth F., médecin-chercheur au CHU de Liège, en Belgique
Source : La Semaine dans le Boulonnais, 13 août 2014

Note du CIPPAD : Enfin des praticiens honnêtes qui expliquent que les interventions sous hypnose sont bien accompagnées d’une sédation pour faciliter le « lâcher-prise » et la suggestion hypnotique ; et qu’une ligne de perfusion est posée parallèlement pour permettre à l’anesthésiste, à tout moment, d’endormir le patient dans l’instant.

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