vendredi 26 septembre 2014

Biodynamie - Une autre idée du bio avec Bernard Schmitt

À Baulon, dans la campagne rennaise, Bernard Schmitt est maraîcher et paysan boulanger. Il est aussi le président national du mouvement de l'agriculture biodynamique. Une forme d'agriculture bio qui invite le paysan à apporter un soin particulier à sa terre.
Bernard Schmitt a démarré sa carrière d'agriculteur directement en « bio ». C'était en 1984. « J'ai repris la ferme de mes grands-parents. Je voulais me diriger vers une agriculture respectueuse de l'environnement et de la santé humaine car beaucoup de maladies sont liées à l'alimentation ». Ce passionné d'ornithologie, ému par la disparition des faucons pèlerins dans les années 60, décimés par le DDT, éprouvait aussi à l'époque le besoin de pratiquer une agriculture différente, bannissant les pesticides et autres produits de synthèse.
Du grain au pain
Bernard Schmitt et Thérèse Piel cultivent, aujourd'hui, des légumes sur six hectares et 2.000 m2 de serres. Carottes, pommes de terre, choux, courgettes, tomates, poivrons, aubergines, concombres, melons... Le couple commercialise tous ses produits en vente directe. Il s'est regroupé avec deux autres producteurs pour proposer des paniers « bio » et le samedi, il tient un étal au marché des Lices, à Rennes. Bernard fabrique aussi du pain au levain, cuit au feu de bois, qu'il vend tous les jeudis dans son magasin installé à l'entrée de la ferme. « Je mélange des variétés anciennes de blé. Je trouve passionnant d'aller du grain au pain et d'avoir un rapport direct avec les consommateurs. Il y a vingt ans, on avait affaire à des convaincus. Aujourd'hui, beaucoup de gens viennent parce qu'ils aiment le goût des produits ». Le magasin de Baulon est autogéré. Les clients se servent, pèsent et paient. C'est en 1988 que l'agriculteur d'Ille-et-Vilaine a découvert la biodynamie grâce à un viticulteur venu expliquer sa méthode aux Bretons. « En France, beaucoup de vignerons s'y sont mis car ils se sont rendu compte qu'elle permettait non seulement d'améliorer la qualité de la vigne et du raisin mais aussi de renforcer le goût et l'arôme du vin », commente Bernard Schmitt.
L'ancêtre du bio
En fait, l'agriculture biologique dynamique, c'est un peu l'ancêtre de l'agriculture bio : refus des produits de synthèse, refus des OGM, variétés adaptées au terroir, rotations longues, cultures d'engrais vert, compostage des matières organiques, désherbage mécanique ou thermique... C'est un philosophe et scientifique d'origine autrichienne, Rudolf Steiner, qui a théorisé cette forme d'agriculture, considérant qu'il existe des relations vivantes entre les différents règnes de la nature : animal, végétal et minéral. « L'agriculture biodynamique est une approche globale où tous les éléments ont leur importance : le soleil, la lune, les astres, les haies, les arbres... Mais ce qui importe avant tout pour un biodynamiste, c'est le travail du sol qu'il faut vivifier par l'apport de compost. L'équilibre de la terre assure la santé du sol et des plantes et donc, la qualité de l'alimentation ». Patiemment, Bernard a remodelé le paysage de la ferme familiale. Il a replanté 4.000 arbres. Le label officiel de cette agriculture s'appelle Demeter. Pour le décrocher, l'exploitation est d'abord certifiée bio mais elle doit répondre à un cahier des charges supplémentaire.
L'agriculture de l'avenir ?
Légumes, petits fruits, poules pondeuses, brebis, safran... En Bretagne, une petite trentaine d'agriculteurs cultivent selon cette méthode dont une dizaine adhèrent à la marque Demeter. « J'espère que c'est l'agriculture de l'avenir. Notre but est de la promouvoir. La biodynamie est déjà développée en Alsace et l'intérêt pour cette méthode connaît une bonne progression en France », commente Bernard, qui dirige le Mouvement de l'agriculture biodynamique (MABD), dont le siège est à Obernai (Bas-Rhin) et qui organise des formations. En France, il regroupe plus de 400 producteurs et 1.500 jardiniers amateurs sur environ 11.000 hectares (1 % de la bio).
Contacts
www.bio-dynamie.org ;
en Bretagne : Gérard Duigou, à Bannalec (29), de l'association Buez an Douar. Tél. 02.98.39.59.16.
EN COMPLÉMENT
1924.
Naissance de l'agriculture biodynamique. Les bases sont jetées par le philosophe et scientifique autrichien Rudolf Steiner dans une série de conférences connues sous le nom de « cours aux agriculteurs ».
1925.
Un premier domaine se convertit à l'agriculture biodynamique, en Alsace.
1932.
Naissance de Demeter, la marque collective internationale la plus ancienne des agricultures dites agro-écologiques. Les agriculteurs en biodynamie utilisent, chaque année, des préparations à base de bouse de vache ou de quartz pour stimuler la vie des sols, la croissance et la santé des plantes. Ils concoctent aussi des tisanes (ortie, prêle, osier) pour soigner leurs plantes.
2010.
Fusion des structures françaises en Mouvement de l'agriculture biodynamique (MABD).
Source : Le Télégramme, 11 septembre 2014,
http://www.letelegramme.fr/bretagne/bernard-schmitt-une-autre-idee-du-bio-11-09-2014-10334119.php

Note du CIPPAD : la Biodynamie ne repose sur aucun fait établi, mais sur les croyances ésotériques de l’anthroposophe Rudolph Steiner. À consulter aussi: Quand Rudolf Steiner expliquait des phénomènes qui n’existent pas.

L’Assemblée nationale dans son rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, s’attarde particulièrement sur l’Anthroposophie de Rudolf Steiner.