lundi 1 septembre 2014

Ile de la Réunion - Les remèdes sexuels du prêtre malgache

VIOLS. Sous couvert de pouvoirs surnaturels, un homme de 41 ans est soupçonné d'avoir abusé de trois jeunes filles dans le nord-est de la Réunion où il officiait
Saint-Denis (La Réunion)
De notre correspondant
LA MARINE de Sainte-Suzanne, au nord-est de l'île de la Réunion. Sur le bord de l'océan Indien, des terrains mal démenés et des cases en tôle. C'est là que David Ramara, un Réunionnais de 41 ans, avait pris l'habitude d’organiser des vêlas, des cérémonies traditionnelles malgaches visant à communiquer avec les ancêtres. Sur fond musical, David Ramara invoquait les esprits devant des fidèles qui se partageaient entre la Marine et te snack-bar du « prêtre », à Saint-André, à quelques kilomètres. Pour beaucoup des participants, David Ramata avait des pouvoirs surnaturels. Et c'est grâce à ces croyances que le « prêtre malgache» était parvenu à ses fins avec deux mineures, âgées de 13 et 16 ans, et une jeune fille de 19 ans, entre 2012 et 2013.
Un père de famille nombreuse
La première plainte n'a été déposée
que le 22 juillet dernier. Les autres
ont suivi La jeune femme a expliqué
aux enquêteurs que David Ramara
lui avait fait croire qu'elle était atteinte d'une maladie et que la seule
façon de guérir était d'avoir des rapports sexuels avec lui. Le mode opératoire se retrouve ainsi dans le récit
des trois plaignantes. « Il avait l'ascendant sur ces personnes », a noté
la procureur adjointe, Emmanuelle
Barre expliquant aussi que David Ramara avait fait pression sur les plaignantes « en leur taisant croire à
l'existence d'un pouvoir supérieur ».
Une expertise juge les déclarations  des trois victimes crédibles.
A l'issue des cérémonies, David
Ramara, assurait aux jeunes filles
qu'il avait un travail à faire avec elles.
Ils s'éteignaient alors du reste du
groupe. Elles étaient « vicaires », c'est-à-dire, qu'elles apprenaient le
métier. « Du coup, les jeunes filles ne
se méfiaient pas de lui. A leurs yeux il représentait l'autorité », continue
une source proche de l'enquête. Mais
devant les policiers, ce père de onze enfants, conçus avec neuf femmes différentes, n’a cessé de clamer son innocence. «Les jeunes filles n'étaient jamais seules avec moi », a-t-il affirmé au juge d’instruction puis devant le juge des libertés et de la détention (JLD) la semaine dernière. C’est ce qu’à également affirmé Me Jean-Claude Jébane, son avocat : « les cérémonies se déroulent devant tout le monde. » Des témoignages accablent pourtant le violeur présumé. Et son lourd casier judiciaire a pesé dans la balance : le « prêtre malgache » a été placé en détention provisoire.
Nicolas Goinard
Source : Le Parisien, 1er septembre 2014

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