mardi 14 octobre 2014

La médecine traditionnelle chinoise aujourd'hui

La place de la médecine traditionnelle dans les pratiques thérapeutiques d'aujourd'hui sera au cœur de la conférence donnée samedi par Li Xiuquan, médecin de l'hôpital de Linyi, au Shandong, en Chine. Ce praticien et les membres de sa délégation sont reçus par Atlantique Nantes Chine et l'association France Chine pour la santé mentale, dans le cadre d'un programme d'échange lancé en 2008 et soutenu par le conseil régional.
Samedi 11 octobre, à 16 h, à l'hôtel de région, 1, rue de la Loire, à Nantes (entrée par l'esplanade côté Loire).
Source : Ouest-France, Nantes, 6 octobre 2014
Note du CIPPAD : une réunion curieuse à l’initiative de la Région Pays de la Loire et des associations "France Chine pour la santé mentale" et "Atlantique Nantes Chine". 
"Atlantique Nantes Chine" dans son dernier bulletin associatif présentait la Médecine Chinoise Traditionnelle, ou MCT, de la façon suivante :
« Dans une première partie (bulletin précédent), nous avons vu que la MCT ne relevait pas seulement d’une longue série d’observations et d’expériences codifiées en ‘tradition’ sous le label Ecole du Yin et du Yang, mais qu’elle s’enracinait dans deux tronçons de la pensée chinoise la plus ancienne : d’une part, une cosmologie qui intègre l’homme dans l’univers comme élément, à travers une multitude de souffles [qi ] et diverses alternances Yin/Yang. Position difficile à admettre car « l’Occident est plus sensibles aux fluides qu’aux énergies portées par le qi. Plus facilement, le praticien européen fait saigner ou injecter des liquides qu’il ne cherche à faire circuler ces énergies.».
Elle relève d’autre part de ce que le sinologue Léon Vandermeersch appelle manticologie (la manticologie serait la science de la divination, du grec mantikos, divinatoire, NdC) caractérisée par une pensée corrélative, produisant un système général et générique de correspondances qu’il oppose à la théologie (comme recherche des causes premières ou finales) : « La manticologie, au lieu de chercher à exploiter magiquement une correspondance entre l’ordre naturel et un ordre surnaturel censé le commander, recherche rationnellement des correspondances entre les phénomènes naturels eux-mêmes. Elle part, pour commencer, de leur apparentement par la typologie des signes divinatoires qui se rapportent les uns aux autres, mais poursuit la spéculation ainsi amorcée en se guidant sur des analogies de forme entre les phénomènes eux-mêmes.». On comprend que le mot de yi [] (médecin, médecine, soigner) ne saurait être compris en dehors de ce rapport initial avec les pouvoirs des shaman quand il y a trois mille ans ceux-ci déchiffraient les craquelures produites par le feu sur des plastrons de tortue et qu’ils construisaient peu à peu le système de sinogrammes que leurs descendants sont parvenus à conserver jusqu’à nos jours. On comprend aussi que Yiguo [医国] puisse signifier gouverner un pays, car la politique n’est pas l’art de susciter l’accord des citoyens, mais la capacité de saisir la spécificité des crises qui rompent l’harmonie d’un Etat et à chercher à les réduire. »