samedi 15 novembre 2014

Campagne "médecines alternatives nuisibles" - 4 patients sur 10 auraient recours à d’autres médecines que la médecine traditionnelle

En réaction à leur multiplication, une campagne de prévention contre les "médecines alternatives nuisibles" vient d’être lancée à l’initiative d’une des principales associations françaises de lutte contre les phénomènes sectaires, le Centre contre les manipulations mentales (CCMM).
Intitulée "Danger ! Attention aux traitements miracles et aux faux thérapeutes", cette opération vise à ralentir la tendance qui pousse certains malades vers des traitements alternatifs dont certains relèvent moins de la médecine que de l’escroquerie. En effet, rapporte Libération du 11 novembre (page 11), 4 patients sur 10 auraient désormais recours à d’autres médecines que la médecine traditionnelle, et, sur ce nombre, plus d’un patient sur deux serait atteint d’un cancer.
"Depuis deux, trois ans, observe Chantal Gatignol, du pôle santé de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), on note une montée en puissance de ces mouvements qui vont jusqu’à dénigrer la médecine traditionnelle." Les patients qui y adhèrent ne sont pas forcément des "gogos incrédules", poursuit un médecin de santé publique, car le phénomène touche tout le monde, quels que soient l’âge et le niveau social.
"Dans ce glissement vers d’autres médecines (comme la très en vogue naturopathie), soyons équilibrés, note Libération, les torts peuvent être partagés. Bien souvent, la médecine hospitalière se révèle certes efficace, mais engoncée dans la froideur et l’anonymat, laissant peu de place au patient qui doit suivre sans contester le bulldozer thérapeutique qu’on lui impose."
Les médecines parallèles incitent parfois les patients à abandonner les traitements thérapeutiques prescrits. Pour autant, précise Chantal Gatignol, "toute dérive thérapeutique n’est pas sectaire". Seulement, "cette dérive prend un caractère sectaire quand la personne perd sa capacité de décision, quand cela se traduit parallèlement par une rupture avec son environnement personnel ou professionnel, et que s’ajoutent des demandes financières exorbitantes". Le tarif de la consultation pour ces "médecines" peut en effet osciller entre 100 et 150 euros, contre 23 chez un médecin généraliste.
Actuellement, "on estime à 100.000 le nombre de praticiens parallèles, et à plus de 400 celui de pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique", écrit le quotidien. Beaucoup utilisent les nouveaux médias pour promouvoir leur discipline, et près de 1 000 d’entre eux seraient vraiment dangereux. Certains relèvent même de l’exercice illégal de la médecine, délivrant des produits alors que cela leur est interdit, des produits parfois fantaisistes, voire dangereux. [...]
Source : La Mutualité Française, 12 novembre 2014,
http://www.mutualite.fr/L-actualite/Kiosque/Revues-de-presse/4-patients-sur-10-auraient-recours-a-d-autres-medecines-que-la-medecine-traditionnelle

Note du CIPPAD : A l’occasion de cette prise de conscience du phénomène, il ne serait peut-être pas inintéressant que certaines mutuelles de santé suppriment de leurs contrats la prise en charge de pseudo-thérapies de type New age. De la même façon, rien n’oblige la fondation d’une célèbre mutuelle de la région Rhône-Alpes à financer l’entrée de ces pseudo-soins dans les CHUs, aux travers d’appels d'offres portant sur "le bien-être des patients".