lundi 24 novembre 2014

Opus Dei - Une mystérieuse conférence à Callac

Une conférence sur l'Opus Dei aura lieu le mercredi 3 décembre à 20h30 au cinéma de Callac. Pas pour séduire les foules, mais « pour informer », assurent les organisateurs.
Pour vous, l'Opus Dei c'est quoi ? « C'est en lien avec la religion, un peu obscur, proche d'une secte je crois aussi », répond une personne sur deux, avec beaucoup d'hésitation malgré tout. Difficile d'y voir clair, en effet, sur cette organisation religieuse qui entretient le mystère autour d'elle. Depuis sa création en Espagne en 1928, on associe à ses pratiquants le goût du pouvoir et de l'intrigue, pratique du secret, ultraconservatisme. Le livre de Dan Brown, Le Da Vinci Code, suivi d'un film événement, a propulsé l'Opus Dei sur le devant de la scène, le décrivant comme un syndicat du crime. Sauf qu'il s'agit d'une fiction, comme se défend l'Opus dei.
L'œuvre de Dieu

Sur son site officiel, L'Oeuvre de Dieu (traduction d'Opus Dei), répond à de multiples questions mais ne fait pas allusion au mot secte. De la même manière que le Petit Larousse la décrit simplement comme une institution catholique qui a pour but de donner à ses membres, laïques et écclésiastiques, les moyens d'agir selon l'Evangile dans leur vie familiale, sociale, professionnelle ou politique. Alors pourquoi alors cette méfiance de la part des profanes ?
 Plusieurs publications ont terni l'image de l'Opus Dei. Bruno Devos, par exemple, a signé un livre choc en 2002, La face cachée de l'Opus Dei, où il décrit les pratiques des adeptes, et notamment l'intégralité du salaire reversée à l'institution et l'existence de châtiments corporels. Fantasmes, réalité ? Les Callacois ont voulu tenter d'éclaircir le mystère au travers d'une soirée pas comme les autres.

« Ce n'est pas un moyen pour nous de prôner l'Opus Dei »

Ce sont l'équipe d'animation paroissiale, l'association Callac Culture et le cinéma qui organisent cette conférence. Aucun parti pris de leur part, assurent-ils, juste l'envie de faire la lumière sur le sujet. « Est-ce mythique ? Est-ce une secte ? Ce qui se passe est-il secret ? Quelle influence sur l'église catholique ? Y a t'il eu des lobbyings au sein des organismes politiques ? Des infiltrations au sein des organes de l'église ? Est-ce affairiste ? Elitiste ? Ou simplement une organisation de l'église catholique romaine qui collabore avec des églises locales en proposant des formations chrétiennes (cours, retraite, accompagnement spirituel) ? » Le conférencier et la salle essaieront de répondre à toutes ces questions, et aux autres qui naîtront de la discussion.
Le curé de Callac s'est associé à la démarche mais précise bien que « l'Opus Dei, ce n'est pas ma tasse de thé habituelle. Je suis au courant depuis longtemps que ça existe, mais je connais très peu de choses sur le sujet, je n'ai même jamais rien lu de l'Opus Dei. Cette conférence peut permettre de partager des informations, car moins on en connaît, plus on fantasme, c'est pour cette raison que nous avons accepté de l'organiser. Mais ce n'est pas une manière pour nous de prôner l'Opus Dei ! », assure Hubert Forget.
Luciano Proia, président de Callac Culture, indique que « Jean Pianel [l'animateur de la conférence, ndlr] est un cadre en retraite ayant suivi une formation de théologie pendant 6 ans. Il ne fait pas partie de l'Opus Dei, mais sa formation l'a amené à s'intéresser et à rechercher sur l'Opus Dei pour comprendre ce qui se dit à tort ou à raison. »
Laurent LE FUR
Source : L’Echo de l’Armor et de l’Argoat, 19 novembre 2014
Note du CIPPAD : observons toutefois que le site internet de l’association co-organisatrice, Callac culture, à sa rubrique « Un clin d’oeil à nos amis », renvoie en premier lieu vers l’Institut de Locarn connu pour ses sympathies avec l’Opus Dei.