vendredi 24 avril 2015

Pour avoir “lu des dents”, elle rembourse 20 000 €

L’ordre national des chirurgiens dentistes avait porté plainte contre la prévenue pour exercice illégal de la médecine.

Béziers - Sur ses sites internet la prévenue propose au diagnostic psycho dentaire en expertisant radio et moulages. En gros, nos dents et surtout leurs problèmes raconteraient notre histoire. A partir d'un profil établi par ses soins, elle conseille ensuite sur le suivi médical. La dame publie aussi des bouquins, édités par son mari à Prémian. 

Cette activité n'a pas manqué d'alerter l’ordre national des chrurgiens dentistes. Il a porté plainte pour exercice illégal de la médecine. L'ex-praticienne aurait été radiée en 2001. Les gendarme découvrent également qu'elle exerce son petit commerce sans déclaration aucune. Et qu’en sus, son mari et elle bénéficient d'aides sociales et demandé un soutien exceptionnel au conseil général.

Elle crie  au corporatisme

À la barre du tribunal, la prévenue âgée de 57 ans plaide sa cause avec véhémence et un bagout incontestable. Mlle crie à l'acharnement d'une corporation. « Je suis choquée d'être traînée devant un tribunal comme la dernière des escrocs. Je suis sortie major de ma promotion. J'ai exercé pendant quinze ans et ai arrêté en 2001 pour raison de santé. » Selon elle, sa nouvelle activité ne nécessite pas l'aval de l'Ordre : "Je ne rencontre pas les gens et ne fais aucune manipulation. Cela ne se substitue pas aux dentistes. Mais je suis dans le collimateur de la profession depuis que j'ai écris; '' Orthodontie, halte au massacre ! ", où je dénonce le manque de prévention".


Quant aux prestations sociales, elle les explique par des revenus très irréguliers et une formation professionnelle à entreprendre.

Lu partie civile, constituée par l'Ordre national des chirurgiens dentistes, désamorce la thèse de l'acharnement personne :  « On ne savait pas qui se cachait derrière ces sites et ces IP sur lesquels on enquête depuis 2004. Il ne s'agit pas d'une attitude corporatiste mais de défendre la santé de tous » .

Un an de prison avec sursis

Le vice-procureur Jean-Louis Sire requiert, un an d'emprisonnement avec sursis pour la prévenue et son mari, poursuivi lui aussi. D'ailleurs le chef de prévention contrarie son avocat : "Il n'est en aucun cas auteur. Tout juste complice, donc je plaide la relaxe".

Il est rejoint par son confrère ; "'L'exercice illégal de la profession de la médecine nécessite un diagnostic et un traitement du malade. Le conseil et l'avis psychologique n'en tient pas dans la nomenclature des actes dentaires".

Le tribunal en a décidé autrement, qui a reconnu le couple coupable et l'a condamné à un an de prison avec sursis. Les prévenus devront payer solidairement 3 000 € à la Caf et 11 433 € au conseil général de l'Hérault.

ANNICK KOSCIELNIAK

Source : Midi Libre, 4 février 2015