mercredi 4 juin 2014

Europe - Dérives religieuses et droit à l’avortement

Les Légionnaires du Christ, congrégation éclaboussée depuis de nombreuses années par des crimes pédophiles, sont par ailleurs à l’origine de l’Agence de presse internationale Zenit. Zenit se donne pour mission de fournir « une couverture objective et professionnelle des événements, des questions, des documents touchant l'actualité de l'Église catholique et du monde vus de Rome ».

C’est ainsi, que le 10 mai 2013, Zenit publiait une dépêche de presse reprenant les propos de M. Massimo INTROVIGNE, sociologue des « nouveaux mouvements religieux », qui saluait la naissance en Italie d’un mouvement pro-vie unitaire réunissant "La marche pour la vie"  et la campagne « Un de Nous ».

Cet appel invitait les italiens, pour le dimanche suivant, à défiler dans les rues de Rome et à recueillir dans les paroisses italiennes, mais aussi dans toute l’Europe, le million de signatures nécessaire « pour demander à l’Union européenne d'arrêter toute forme de manipulation et de suppression des embryons humains. »

Rappelons au passage que M. Massimo INTROVIGNE est l’animateur du mouvement Alleanza Cattolica, pendant italien du très droitier mouvement international Tradition Famille Propriété, considéré comme sectaire en France. M. INTROVIGNE est aussi le créateur et responsable du CESNUR, acronyme du « Centre d’études sur les nouvelles religions », l’un des plus importants lobby internationaux pro-sectaires. Structure qui mène un véritable combat contre les associations et les organismes gouvernementaux de défense des victimes de ces mouvements.  

La coalition pro-vie unitaire soutenue par Massimo Introvigne regroupe une vingtaine d’associations et congrégations italiennes, certaines controversées, dont la branche italienne de Tradition Famille Propriété.

L’objectif recherché est clair, donner une dimension européenne à la lutte des mouvements intégristes contre l’avortement, pour obtenir de l’Europe et des états qui la composent de revenir sur leur législation en la matière.

Ainsi, l'initiative citoyenne européenne «Un de Nous» visait « à ce que l'Union européenne interdise et mette fin au financement des activités qui impliquent la destruction d'embryons humains, en particulier dans les domaines de la recherche, de l'aide au développement et de la santé publique, pour respecter la dignité et l'intégrité humaines. À cette fin, il conviendrait de modifier, comme il se doit, le règlement financier, le règlement portant sur l’établissement du programme-cadre Horizon 2020 et le règlement instituant un instrument de financement de la coopération au développement. ».
Après avoir examiné la demande portée par une pétition forte de 1,8 million signatures, la Commission européenne a tranché et l’a déboutée, rappelant que : « Le droit primaire de l'Union européenne consacre expressément la dignité humaine, le droit à la vie et le droit à l'intégrité de la personne. Le règlement financier de l'Union énonce que toutes les dépenses engagées par l'Union doivent être conformes au droit primaire de l'Union. La Commission ne voit dès lors pas la nécessité de présenter une proposition portant modification du règlement financier. ».

Source : CIPPAD, 4 juin 2014