jeudi 3 juillet 2014

Les dérives sectaires liées à l'alimentation et à la nutrition

La société est confrontée à une offre exponentielle de soins centrés sur le bien-être, pouvant intervenir dans la prévention de la santé de l'individu comme dans le processus de guérison de pathologies chroniques ou sévères. Ces soins sont proposés et prodigués le plus souvent par des praticiens aux compétences incertaines, des soi-disant guérisseurs. Les personnes visées, fragilisées par la maladie et la souffrance, sont prêtes à croire que n'importe quelles manipulations ou potions pourront les soulager. Et les traitements proposés sont d'autant plus attractifs qu'ils sont aisés à supporter et présentés comme sans effets secondaires. Ces personnes sont des proies faciles pour de dangereux « gourous » qui peuvent les inciter à arrêter leurs traitements et leur faire perdre des chances de guérison. Garder un esprit critique et un certain recul par rapport à toute offre de soins « présentée comme miraculeuse » est un facteur protecteur de notre santé physique comme mentale.
Chantai GATIGNOL
MIVILUDES
Premier ministre
13 rue Vaneau 
75007 Paris

Téléphone: 01 42 75 76 08
Mél: miviludes@pm.gouv.fr
www.derives-sectes.gouv.fr

Les modalités d'action des mouvements à caractère sectaire prennent des formes nouvelles et demeurent très préoccupantes surtout si elles s'exercent dans un domaine comme celui de la santé, dans lequel les personnes sont très vulnérables.
Depuis quelque temps, la MIVILUDES1 observe une forme d'« externalisation » dans le sens où les mouvements sectaires investissent de plus en plus le champ de la santé et dénigrent la médecine conventionnelle. Certains vont jusqu'à avancer l'idée du complot. Le doute s'installe I Les vaccins seraient empoisonnés, les médicaments dangereux, pour la santé, etc. Le phénomène n'est pas nouveau : les mouvements sectaires ont depuis toujours surfé sur la vague du New Age qui comprend tant de mouvances et de courants que la frontière avec la secte est souvent poreuse. On met en avant la dimension holistique. On promeut l'auto guérison, les chakras, l'énergie céleste mais aussi le chamanisme, et toutes les techniques énergétiques, comme le reiki ou la kinésiologie. Dans toutes ces pratiques, le retour à la nature avec notamment la naturopathie et l'harmonie de l'écosystème deviennent autant de prétextes pour appâter de nouveaux adeptes. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 75 % des français ont eu recours au moins une fois à un traitement complémentaire ou alternatif. Et 4 sur 10 y ont recours habituellement dont 60 % parmi les malades du cancer.
Certaines organisations peuvent faire de la nutrition une condition incontournable de maintien ou de retour à la santé. La quête de la pureté ou du bien-être, récurrente dans la mouvance sectaire, est souvent utilisée comme moyen d'attirer de nouveaux adeptes. Cette quête requiert dans certains groupes et à travers des méthodes non conventionnelles à visée thérapeutique, la mise en oeuvre de pratiques de détoxination alliant exercice physique, frugalité ou encore jeûne.
Problème de santé publique, phénomène de mode, objet de recherche scientifique ou d'activité économique, le domaine de la nutrition est investi par une multitude d'acteurs parmi lesquels un certain nombre de thérapeutes ou autres marchands de bien-être qui fondent leurs discours, partiellement ou en totalité, sur des propositions d'ordre alimentaire.
Ces propositions sont au coeur de la plupart des affaires concernant des dérives sectaires sanctionnées par la justice ou en cours.
A titre d'exemples, nous pouvons rappeler que :
- l'une des principales associations nationales d'aide aux victimes de dérives sectaires, le centre contre les manipulations mentales (CCMM), a été créée par Roger Ikor dont le fils est décédé des suites d'un régime macrobiotique draconien imposé par le gourou d'ISO-ZEN,
- le jeûne de 21 jours prôné pour le traitement du cancer par le mouvement du Graal2,
- les dérives hygiénistes de Joie et Loisirs3,
- le décès de la mère de Nathalie de Reuck des suites d'un cancer traité avec du jus de citron (dont le témoignage a été relaté dans son livre « On a tué ma mère ! »),
- les fortes doses de niacine ou vitamine B3 utilisées dans les cures de désintoxication pour les adeptes de l'église de Scientologie,
- le respirianisme promu par sa papesse, Jasmuheen, qui conseille de se nourrir d'air, de lumière... et de prâna,
- ou encore le « manger cru » avec les instinctothérapeutes, etc.
Dérives thérapeutiques
ou dérives sectaires
et risques encourus
Ce qui interpelle la Miviludes ce sont les dérives sectaires liées au dévoiement de ces propositions nutritionnelles. Ce n'est pas à la Miviludes d'apprécier la validité thérapeutique de ces pratiques quand bien même certaines peuvent sembler de facto inefficaces et plus grave encore, dangereuses pour la santé. Pour cela, un groupe d'appui technique a été créé auprès du directeur général de la santé par l'arrêté du 3 février 2009. Composé des représentants des organismes publics impliqués dans la protection de la sécurité sanitaire et la qualité des soins en France4, il a pour principales missions de prévenir le public des pratiques dangereuses et de repérer les pratiques prometteuses.
Une difficulté supplémentaire est de ne pas confondre dérive thérapeutique et dérive sectaire, mais il existe des inter-connexions évidentes entre les deux. De telles pratiques mal encadrées sont dangereuses en elles-mêmes : tout régime ou pratique alimentaire nécessite un minimum d'encadrement médical.
Ces pratiques, lorsqu'elles comportent des règles alimentaires déséquilibrées, carencées voire extrêmes, associées au discours sectaire, ont révélé leur redoutable efficacité dans les processus d'emprise mentale ayant conduit, dans certains cas, au suicide ou à une mort prématurée d'adeptes atteints de pathologies engageant le pronostic vital, par refus de protocoles thérapeutiques éprouvés.
Les principaux indices de suspicion de dérive sectaire le plus souvent rencontrés sont :
- le risque d'emprise : des pratiques alimentaires déséquilibrées, carencées, voire extrêmes mettent le patient ou l'adepte dans une situation de faiblesse et de vulnérabilité telle qu'elles offrent un terrain propice à l'emprise mentale,
- la perte de chance, conséquence du discours diabolisant le recours à la médecine conventionnelle : ces pratiques sont dangereuses lorsqu'elles sont associées à un discours visant à inciter les personnes à ne pas recourir ou à abandonner des soins traditionnels,
- la rupture avec l'environnement familial, amical ou social qui n'adhère pas à de tels choix et s'inquiète souvent face à l'isolement de facto de la personne traitée,
- enfin des pressions financières qui peuvent être quelquefois exorbitantes.
Les différentes formes de manifestations
de dérives en santé
Les méthodes alternatives font chaque année de nombreuses victimes.
La MIVILUDES a également constaté au cours des dernières années la formation de petites structures, diffuses, mouvantes et moins aisément identifiables, qui tirent en particulier parti des possibilités de diffusion offertes par Internet. Ces petites structures sont organisées généralement autour de pseudo-thérapeutes, autoproclamés, qui se targuent d'avoir des diplômes et des qualifications, en réalité non reconnus par l'Etat. On parle d'atomisation du phénomène sectaire. Le caractère isolé de ces « nouveaux gourous » doit cependant être nuancé par le fait que s'ils agissent seuls ou dans une zone géographique limitée, ils fonctionnent néanmoins de plus en plus souvent en réseaux organisés, mettant en œuvre les mêmes méthodes et le même mode d'intervention.
Il s'agit d'un système comparable au système mafieux avec une organisation pyramidale et des profits qui se comptent en centaines de millions d'euros.
En France, on estime à 100 000 le nombre de praticiens parallèles, parmi lesquels figurent des gourous de sectes «  guérisseuses ».
Les méthodes par ingestion de substances diverses
Nombre de ces méthodes ont la particularité de proposer un remède « singulier et infaillible » pour traiter le cancer.
- Rudolf Breuss fait de sa potion à base de jus de légumes une cure anti-cancer magique de 42 jours en argumentant du fait que cette source de régime hypoprotéiné interromprait le développement des cellules cancéreuses.
- Johanna Budwig prétend s'attaquer au cancer ou à d'autres maladies en faisant ingérer au malade de l'huile essentielle de lin non chauffée et non traitée et du lait caillé, appelé la crème Budwig, connue en France par l'intermédiaire de Catherine Kousmine, décédée en 1992. Pour les adeptes de Johanna Budwig  « cette
méthode est prouvée mais
elle serait étouffée par l'industrie du cancer ». Elle aurait
été nominée à sept reprises pour le
prix Nobel de médecine, mais l'industrie pharmaceutique s'y serait opposée. La théorie du complot expliquerait tout.
- Alain Scohy propose de soigner le cancer par un traitement à base de jus de citron. En 2002, après un redressement fiscal, il s'installe en Espagne où il continue de diffuser sa théorie et à organiser des sessions de formation. Son traitement par la vitamine C « apporterait aux Microzymas le terrain indispensable (acide et réduit) pour bâtir ou rebâtir les organes déficients, les tissus endommagés, les cellules, et même les cellules nerveuses tuées par l'aluminium des vaccins par exemple qui ne seraient pas renouvelables d'après la médecine conventionnelle ». A. Scohy prétend avoir la certitude que « la vitamine C à haute dose est vraiment efficace sur les cancers et peut bloquer leur croissance et les faire fondre sans le moindre inconvénient ou risque vital même s'il nous faut rester vigilants sur d'éventuelles difficultés d'administration ; la prise peut se faire très facilement par voie orale ou par lavements si l'on utilise du L-ascorbate de sodium pur»5.
- Le Dr Simoncini prétend pouvoir soigner le cancer, qui serait un simple champignon, à base de bicarbonate de soude.
Une myriade de sites fait presque un usage détourné de l'éducation à la santé en mettant en avant la prévention des maladies par une meilleure alimentation, les bienfaits de compléments alimentaires souvent onéreux ou des techniques « détoxifiantes » ou stimulant notre système immunitaire telles que l'amaroli (urinothérapie), épatant !
Les déséquilibres alimentaires ou régimes carences : jeûne, respirianisme, crudivorisme
Le jeûne est prôné comme facteur de prévention des maladies et thérapie efficace. On y trouve aussi des régimes comme le végétalisme. Ces approches portées par la vague écologiste et la mouvance New Age ont connu un réel succès ces dernières années attirant un nombre important d'adeptes, mais sont parallèlement responsables de nombreuses victimes. Dans cette catégorie, sont également pointés les groupes qui allient pratique sportive intense et jeûne parfois poussé à l'extrême. L'inquiétude grandit quand ces stages sont destinés aux adolescents qui sont dans ces conditions exposés à des déséquilibres physiques et psychiques.
Aujourd'hui, les cures de jeûne sont recommandées par certains pseudo-thérapeutes sous différentes formes allant du jeûne modifié (absorption d'un seul type d'aliment : jus de fruit, légumes, bouillon, tisanes...), à la mono diète (consommation d'un seul aliment comme le raisin, les cerises, les pommes, les poireaux...) voire au jeûne intégral (consommation de liquide, l'eau en général).
De nombreux séjours, généralement d'une semaine, sont organisés en milieu rural autour de la pratique du jeûne et de la marche associée à des prestations diverses, notamment du yoga, du shiatsu, de la kinésiologie, de la programmation neurolinguistique, de l'hypnose, de la sophrologie, des élixirs floraux, du rebirth, du chamanisme, de la bio-respiration, du bio-magnétisme et des cours de cuisine végétarienne. Les organisateurs font état de formation à la naturopathie.
Ces expériences de régénération par le jeûne ou jeûne  « plaisir » et diverses pratiques naturelles de santé peuvent être d'une durée plus longue. Quelle que soit leur dénomination (stages, retraites, séjours...), elles ont en commun d'être coûteuses et de favoriser l'isolement et la fragilisation des stagiaires constituant ainsi un moyen pour leurs promoteurs d'asseoir une véritable emprise sur eux.
Associé au jeûne, l'irrigation du côlon semble très à la mode actuellement. Cette pratique est soumise à une prescription médicale en raison des risques qu'elle comporte. Elle est présentée dans l'annuaire therapeute.com comme une « mesure d'hygiène et de prévention, moyen d'investigation, l'irrigation du côlon est une méthode douce, contrôlée et approfondie, de nettoyage du gros intestin. Remontant à l'antiquité cette pratique bénéficie aujourd'hui d'une technologie qui assure au patient une hygiène parfaite et un très grand confort. ». Elle a fait également l'objet d'interdictions de publicité de l'ANSM.
En « produit importé », le respirianisme, promu en France par la prêtresse australienne Jasmuheen (Ellen Grève), repose sur la pratique du jeûne total acquise à l'issue d'un processus sacré de 21 jours au-delà duquel il est envisageable de se nourrir uniquement d'air et de lumière. Cette pratique est responsable de graves séquelles, voire aurait provoqué la mort de plusieurs personnes dans le monde (au moins cinq personnes). Il est important de préciser que cette pratique ascétique extrême peut constituer un danger évident pour la santé des participants également, même en l'absence de décès.
Des études ont montré (voir CHU Pellegrin à Bordeaux, ou en Turquie) que des privations de nourriture pendant de longue durée, ont par exemple des effets sur le système nerveux central tout comme sur le système neuro-musculaire avec des risques de séquelles neurologiques permanentes.
Une étude
Suisse
confirme
aussi que
certaines
affections
chroniques
(insuffisance cardiaque, 
maladies cardio-vasculaires, rénales, diabète, ulcère gastrique, maladies infectieuses) peuvent s'aggraver lors d'un jeûne et provoquer des complications rapides. Quant à la grève de la soif, elle entraine la mort en quelques jours et en tout cas en moins d'une semaine ». En France, elle est l'objet d'une surveillance étroite des colloques et stages de « sa prêtresse » ou d'autres zélateurs.
Le crudivorisme est notamment prôné par Thierry Casasnovas, fondateur du mouvement « Vivre Cru »6, qui prétend exercer la profession d'herboriste.
Il convient de rappeler que la commercialisation des plantes médicinales dont l'usage comporte des risques est réservé aux seuls pharmaciens d'officine ; le circuit de commercialisation des plantes connues pour ne pas présenter de danger (147 plantes essentiellement condimentaires) est ouvert à tous.
Le conseil national de l'Ordre des pharmaciens est particulièrement vigilant à l'égard de ce type d'offres et peut intervenir notamment lorsque des allégations thérapeutiques sont associées à ces plantes.
Parallèlement, outre-Atlantique, David «Avocado» Wolfe dispense des conférences et fait notamment la promotion de la consommation de chocolat cru, source de longévité.
On retrouve sur ces sites la promotion de méthodes non éprouvées et ne bénéficiant d'aucune reconnaissance légale, telles que la naturopathie, la médecine ayurvédique, l'aromathérapie, les ondes sonores énergétiques, le Reiki, les thérapies quantiques, etc.
Les publics cibles ou domaines à risque : âges extrêmes, patients porteurs de pathologies invalidantes, femmes enceintes, troubles du comportement alimentaire
Ces méthodes peuvent être diffusées sur des sites Internet, lors de salons sur le bien-être, de conférences, de stages de formation, via des ouvrages, à l'occasion de consultations de pseudo-thérapeutes ou de charlatans qui peuvent user de leur ascendant, voire de menaces. Ces méthodes sont généralement proposées à des personnes fragiles et vulnérables. Ainsi, les enfants (atteints notamment de troubles envahissants du développement ou de troubles « dys » - dyslexiques, dysorthographiques, dysorthophoniques, etc.), les femmes enceintes, les personnes âgées ou handicapées, les personnes en fin de vie, les malades sont particulièrement ciblés par les mouvements sectaires et par les pseudo-thérapeutes.
Les secteurs du handicap et des personnes âgées constituent, compte tenu de la fragilité de ces populations, un terreau favorable à l'infiltration de mouvements sectaires. La fin de vie et la prise en charge du malade en soins palliatifs sont également des moments propices à certains mouvements sectaires pour approcher les malades et leur famille. Pour ces organisations, il s'agit là d'un moyen d'infiltrer les établissements de santé et certains établissements médico-sociaux.
La prise en charge des troubles psychologiques liés à l'enfance est également une porte d'entrée de la dérive sectaire. Des pseudo-thérapeutes, des «écoles», des mouvements divers entraînent les parents d'enfants atteints de troubles hyperactifs, de dyslexie, dyspraxies, d'autisme, de trisomie, etc., à abandonner les techniques et traitements éprouvés scientifiquement pour des méthodes dites « alternatives », qui peuvent conduire la famille entière à une situation d'emprise. Tout mouvement ou « école » incitant à abandonner les techniques et traitements éprouvés scientifiquement au profit de méthodes alternatives non évaluées peut faire courir un risque à l'enfant et induire une perte de chances vis-à-vis de l'amélioration de son état de santé.
S'agissant de la prise en charge des troubles bipolaires, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié des recommandations sous forme de « Guide médecin » en mai 2009 et de « Guide patient » en décembre 20107 qui ne préconisent pas un régime sans gluten. Seul est précisé, qu'à l'instauration du traitement, les patients doivent être informés du risque de prise de poids et des mesures appropriées, essentiellement diététiques, qui doivent être adoptées pour minimiser celle-ci.
De même, la recommandation de bonne pratique de mars 2012 de la HAS sur les troubles envahissants du développement (dont l'autisme) de l'enfant/adolescent précise que les analyses de certains traitements tels que la chélation de métaux lourds ou des régimes sans gluten ni caséine n'ont pas, jusqu'à présent pu apporter des données suffisantes permettant d'évaluer leur efficacité ou leur sécurité.
A titre d'illustration, l'association Stélior tend à fustiger la médecine conventionnelle et « fournit des informations transparentes aux personnes qui cherchent désespérément une réponse à leurs maladies, pathologies physiques et psychiques trop souvent qualifiées d'incurables ». Elle propose d'accompagner la personne dans sa démarche de recherche d'intolérances et de troubles métaboliques, grâce à des analyses approfondies et des thérapeutes spécialisées et diplômées en nutri-détoxi-cologie (spécialité non médicale).
Les différents modes de diffusion des méthodes
1. Via Internet : Comment reconnaître un site suspect ?
Le facteur Internet joue, par le vecteur des réseaux sociaux, des blogs ou des forums de discussion, un rôle très important. Certains sites ne se contentent plus de faire la promotion de telle pratique charlatanesque, mais dénigrent la médecine conventionnelle en lançant des mises en garde contre les vaccins ou la chimiothérapie par exemple, avec les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir en terme de santé publique.
A titre d'exemple, le site Internet du fondateur de la nouvelle médecine germanique8 dispense cette information : « [...] des études épidémiologiques effectuées à large échelle et sur la période des 20 dernières années (1988 - 2008), études validées par la communauté scientifique, ont révélé que la chimiothérapie pratiquée dans la lutte contre le cancer n'est efficace que dans 2,2% des cas ! ». Le site du Dr Hamer bénéficie des facilités qu'apporte Internet. Cet individu ne se contente pas de propager sa méthode sur Internet, mais a été jusqu'à copier l'adresse du site Internet de l'Institut national du Cancer9. Ce stratagème n'a pour d'autre but que d'induire en erreur les patients atteints de cancer. Une telle manipulation n'est guère surprenante mais elle peut détourner des patients de leur traitement et entrainer une perte de chance.
Pour rappel, le docteur Hamer a été condamné en 2004 à trois années de prison par la Cour d'appel de Chambéry, pour escroquerie et complicité d'exercice illégal de la médecine, suite à la plainte déposée par un homme dont l'épouse atteinte d'un cancer du sein était décédée du fait de refus de traitements éprouvés. La méthode préconisée par ce médecin allemand exclut tout simplement le recours aux traitements conventionnels pour soigner le cancer.
D'autres offrent des forums et
donc de l'interaction. C'est cela que recherchent les internautes en mal d'échange et de dialogue. Plusieurs centaines, voire milliers de site ou de forum sont ouverts. Qu'il s'agisse de demander les coordonnées d'un thérapeute, un remède miracle ou l'adresse d'un centre de santé qui a exclusivement recours aux pratiques non conventionnelles.
Plus globalement, les attentes des patients ou internautes à l'égard de l'Internet santé portent sur plus de conseil et davantage de dialogue. Les patients ont besoin d'être écoutés, rassurés, réconfortés. Cela, les « dérapeutes » l'ont très bien compris. Ils prétendent qu'ils sont là pour accompagner le patient, lui donner des repères et faire sortir ce qu'il y a de meilleur en lui. En un mot, ils promettent ce bien- être perdu et cette écoute tant recherchés par certains patients.
Comment repérer un site suspect ? Quand s'interroger?
Dès lors que la doctrine véhiculée fait appel à une théorie du complot, que le langage utilisé apparait comme pseudo-scientifique, que le livre d'or regorge de témoignages extraordinaires impossibles à vérifier, qu'aucun effet secondaire n'est relevé, il est opportun de s'interroger (voir les conduites à tenir page XX).
2. Via les formations, recrutements à la vente directe, stages ou conférences
Souvent ces sites donnent également accès à des conférences ou des stages sur les mêmes thèmes. Outre la mise à disposition de « recettes » de jus de fruits ou de légumes à visée thérapeutique, de vente de plantes médicinales, de nombreux sites Internet complètent leur offre par des stages voire des formations à l'hygiénisme, à l'iridologie, à la naturopathie, etc.
Or, la participation à des stages et formations tels que présentés sur Internet fait courir aux stagiaires trois risques :
- des coûts de conférences, séminaires, stages, formations pouvant devenir exorbitants, en particulier lorsqu'un « débouché professionnel » est suggéré
- des discours préconisant une médecine non conventionnelle et non éprouvée qui peut conduire certains patients à inter- rompre leur traitement ou à conduire un proche, à rompre avec un traitement
- la rupture par le participant aux stages ou formations de ses liens avec son environnement familial, social ou professionnel antérieur.
Ainsi de nombreux sites Internet jouent sur l'affectif et l'émotionnel et agrègent des contenus quasi identiques : présentation de méthodes non éprouvées scientifiquement, de témoignages d'anciens patients qui disent toute leur satisfaction de ces méthodes, des offres de formation, etc.
La formation à ces pratiques par des pseudo-thérapeutes
Les pseudo-thérapeutes, les inventeurs de méthodes et de produits ne se contentent plus de vivre du seul exercice de leurs pratiques. Ils proposent de plus en plus à leurs « patients » ou à des personnes en recherche d'emploi, des formations aux techniques qu'ils utilisent. La victime après avoir été « soignée » se retrouve à son tour engagée dans un processus de formation. On lui fait miroiter la possibilité de devenir elle-même formatrice avec à la clé des gains importants. La formation professionnelle est devenue une cible privilégiée des mouvements sectaires.
Un autre exemple avec un organisme de vente multi-niveaux, Organo Gold, qui propose des boissons déshydratées (café, thé, chocolat) contenant un champignon, le reishi, aux propriétés multiples. Si le site Internet de cet organisme ne vante pas d'allégations thérapeutiques, en revanche les séminaires de motivation des commerciaux inciteraient ceux-ci à y croire10.
La MIVILUDES a reçu de nombreuses interrogations sur cette société. Aussi la mission a informé les administrations compétentes et les organisations professionnelles sur ce sujet face à certains blogs de revendeurs alléguant des vertus thérapeutiques de ces produits.
En outre et de façon générale, les produits vendus sur Internet ne présentent aucune assurance de conformité aux exigences de santé et de sécurité. De ce fait, ils peuvent constituer un risque si leur utilisation se fait au détriment de thérapies conventionnelles.
La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) est régulièrement destinataire de plaintes et de signalements à l'encontre de ce type d'entreprises qui exercent une activité de vente directe.
Ces entreprises proposent des produits ou services par l'intermédiaire de représentants indépendants, chargés eux-mêmes de la prospection de clients. Les représentants, pour entrer dans le réseau de vente, doivent acquitter un droit d'entrée. Le montant du droit d'entrée peut être un critère d'appréciation du risque.
La rémunération ultérieure de ces représentants dépend partiellement mais symptomatiquement du recrutement de nouveaux représentants. L'entreprise et chacun de ses représentants dépendent donc dans une certaine mesure du recrutement de nouveaux représentants. Or, le développement du réseau d'adhérents est en réalité très difficile. En conséquence, ces entreprises organisent régulièrement des réunions surtout le territoire national afin de recruter de nouveaux représentants en faisant valoir des possibilités de gains élevés, évidemment liés pour partie aux recrutements de nouveaux adhérents. Ainsi, la santé, les méthodes alternatives, les pratiques illusoires de guérison sont devenues un puissant et efficace vecteur de recrutement des mouvements à caractère sectaire.
3. Via les actions d'infiltration du système de santé
L'infiltration du système de santé par des mouvements à caractère sectaire peut s'exercer de plusieurs manières :
- Par le biais de médecins déviants
L'implication de médecins dans l'exercice de PNCAVT. En 1996, un rapport ordinal a avancé le chiffre de trois mille médecins pour le territoire national. Lorsqu'un médecin s'engage dans des pratiques vraiment marginales, il choisit en général de s'exclure de lui-même du Tableau de l'Ordre plutôt que de s'exposer à des procédures disciplinaires suivies d'une radiation. Il devient alors beaucoup plus difficile de cerner son activité. Le Dr Scohy s'est fait radier de l'ordre des médecins pour pouvoir traiter, en toute impunité, des malades du cancer avec du... jus de citron !
- Par l'introduction de méthodes à risque au sein de l'hôpital
La pratique des médecines complémentaires se banalise et il n'est pas toujours simple pour les professionnels de la santé, en particulier pour les directeurs d'hôpital, de faire la distinction entre les méthodes. L'entrisme prend ici tout son sens dans la mesure où la pratique charlatanesque va chercher à se substituer à la médecine conventionnelle. Les praticiens hospitaliers peuvent faire appel, souvent de bonne foi, à des charlatans pour améliorer le confort des malades par le biais de méthodes complémentaires qui au fil du temps peuvent se transformer en méthodes alternatives.
Le pseudo-thérapeute qui met en œuvre la pratique en milieu hospitalier va ainsi bénéficier d'une caution et d'une respectabilité. L'introduction de Fleurs de Bach au sein d'établissements médico-sociaux tels que des EHPAD ont déjà fait l'objet de questions auprès de la Mission notamment lorsqu'ils sont « prescrits » par des auxiliaires médicaux.
- Par le biais de la formation des personnels soignants
Particulièrement exposés au stress, les personnels de santé et notamment ceux des établissements de services palliatifs ou de gériatrie peuvent être la cible de mouvements sectaires très présents dans le domaine de la formation professionnelle.
- Par des actions de lobbying ou de prosélytisme
Plusieurs organisations sectaires ont fait de l'hôpital une cible et un espace privilégié pour diffuser leur message sectaire. La Miviludes est régulièrement interrogée par des directeurs d'hôpital sur des mouvements en quête de reconnaissance ou qui tentent de s'attribuer la qualité d'interlocuteur de défenseur des intérêts des patients.
Les réponses apportées par les pouvoirs publics
Les actions déjà engagées
Une action d'information grand public a été menée en 2011 avec l'Institut national du cancer et les services de cancérologie des hôpitaux afin d'inciter les patients à informer leur médecin traitant d'éventuels soins pris en dehors de leur protocole. Il ne s'agit pas de s'opposer à ce que chacun aille vers ce qui lui semble le mieux pour sa santé, mais de vérifier qu'il n'y a pas d'incompatibilité et de toxicité pour le traitement en cours11.
Les actions de sensibilisation des professionnels par différents vecteurs
Au cours de l'année 2013, différentes rencontres avec des partenaires associatifs ou institutionnels ont eu lieu afin de préparer des partenariats notamment dans le domaine de la santé.
Ainsi, une convention régionale avec la direction de l'URIOPSS-IDF a été signée en juillet 2013 définissant un programme d'actions communes visant à l'échange d'information et à la protection des per- sonnes vulnérables.
Avec l'Agence Régionale de Santé d'Ile de France, une convention a été signée en novembre 2013 afin de garantir la coordination, la mise en cohérence et la complémentarité des actions de traitement des signalements évoquant une suspicion de dérives sectaires et de mettre en place une démarche de collaboration structurée et coordonnée au bénéfice de l'ensemble des usagers du système de santé.
Une convention de partenariat a été signée au début de cette année 2014 avec l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP).
Enfin, le rapprochement entrepris avec le réseau des écoles de service public (RESP)1, qui rassemble les principales écoles d'application de fonctionnaires, contribuera à une rationalisation de l'offre de formation de la Miviludes et à une diversification du public ciblé. En partenariat avec l'EHESP, une session sur les dérives sectaires dans le cadre de la session inter-écoles du RESP a lieu chaque année.
La prolifération incontrôlée et incontrôlable d'assertions de toute nature sur les médecines parallèles, souvent à caractère publicitaire et commercial, la profusion d'ouvrages, de témoignages, de magazines publiés à leur gloire, parfois par des notabilités faisant aussi partie du monde médical conventionnel, contribuent, certes à la confusion des esprits. La promotion en faveur des médecines parallèles peut compter aujourd'hui sur une grande diversité de supports, pour certains plutôt inattendus comme, par exemple, l'offre faite par certaines mutuelles santé à leurs adhérents, de séances d'initiation gratuite à des pratiques dont certaines relèvent des médecines parallèles. Aussi un dernier partenariat a été mis en place entre la Fédération Nationale de la Mutualité Française et la Miviludes en début d'année 2014.
Les travaux et propositions de la CEP
Dans son rapport rendu public en avril 2013, la commission d'enquête du Sénat sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé a fait cinq propositions pour mieux encadrer l'information médicale en ligne et pour renforcer la sécurité des internautes.
L'une de ces recommandations est « la nécessité de mieux informer les internautes sur les pratiques thérapeutiques non conventionnelles, en créant sur le site du ministère de la santé, un répertoire de notices descriptives de ces pratiques, assorties le cas échéant de messages d'alerte sur d'éventuels risques de dérives sectaires ».
Une autre proposition est que le CSA exerce une vigilance particulière pour que les défenseurs de pratiques sectaires ou thérapeutiques dénuées de fondement scientifique ne puissent s'exprimer dans les médias sans que la contradiction leur soit apportée.
Au-delà, d'autres propositions ont été formulées comme le contrôle du commerce international de la niacine ou vitamine B3, potentiellement dangereux lorsqu'elle est administrée à forte dose lors des rituels de « purification » de l'Eglise de Scientologie.
Enfin la commission d'enquête parlementaire a souligné la nécessité de corriger la fiche ROME K. 1103 (« développement personnel et bien-être de la personne ») afin d'en extraire certains métiers potentiellement dangereux.
Les outils d'analyse
critique à l'égard d'un charlatan ou d'une méthode et les conduites à tenir
face à une suspicion de dérives sectaires

Quelques éléments de discours véhiculés par des charlatans de la santé ou des pseudo-thérapeutes, issus de signalements parvenus à la Miviludes, permettent d'alerter sur la dangerosité des méthodes pratiquées et sur l'existence d'un risque de dérive de nature sectaire.
Cette liste n'est pas exhaustive mais correspond aux propos les plus couramment observés. Il convient dès lors d'être particulièrement vigilant dès lors que votre interlocuteur :
- dénigre la médecine conventionnelle ou les traitements proposés par l'équipe médicale qualifiée qui vous prend en charge ;
- incite à arrêter ces traitements ;

- promet une guérison miracle là où la médecine conventionnelle aurait échoué ;

- met en valeur des bienfaits impossibles à mesurer, comme « améliorer son karma » ou « la circulation des énergies internes » ;

- demande de vous s'engager en réglant à l'avance un certain nombre de séances ;
- propose des séances gratuites pour essayer telle ou telle méthode ;
- recommande l'achat d'appareils censés capter les énergies négatives ou de produits présentés comme miraculeux, souvent à des prix exorbitants, non remboursés par la Sécurité sociale ;

- promet une prise en charge globale qui prétend agir par une même technique sur le mental, le physique, voire sur toutes sortes de troubles ;

- présente une nouvelle vision du monde en utilisant des termes tels que : ondes cosmiques, cycles lunaires, dimension vibratoire, purification, énergies, cosmos, conscience...
- utilise un langage pseudo-scientifique très complexe ou au contraire, prétend avoir découvert un principe d'action extrêmement simple ;
- incite à vous se couper de votre la famille, de votre du médecin, de votre l'entourage, pour favoriser votre la guérison.
Ainsi, ces conseils qui relèvent du bon sens doivent vous inciter à vous interroger sur la doctrine véhiculée par le charlatan ou sur le fondement scientifique éprouvée de la méthode proposée.
De même il est utile de vérifier, avant de consulter, les qualifications du thérapeute auprès des institutions publiques (agences régionales de santé ou DIRECCTEs ou ministère chargé de la santé) ou organismes professionnels (ordres ou syndicats professionnels).
Avant tout, il convient de se méfier des remèdes miracles, des consultations gratuites, et des demandes de confidentialité des échanges survenus en consultations, et de consulter systématiquement les sites officiels des institutions en charge de la problématique (ANSM, ANSES, INPES) ou les ordres professionnels avant de s'engager dans une démarche.
Les conseils en matière de conduite à tenir en cas de doute ou de suspicion sont en premier lieu de parler aux professionnels de santé de proximité ou de s'adresser aux associations d'aide aux victimes.
Les bonnes réactions :
- Se méfier des solutions « miracle », souvent coûteuses, et/ou impliquant des séances nombreuses et rapprochées
- Etre attentif à tout changement important de comportement de l'enfant ou du proche qui serait exposé à ces méthodes
- Ne pas s'isoler, ni isoler l'enfant dans une relation exclusive avec le « praticien »
- En parler autour de soi et auprès des pédiatres, médecins, et autres professionnels de santé
- En cas de doute, ne pas attendre qu'il soit trop tard pour interroger la Miviludes1
Les méthodes de soins ou de bien-être fondées sur des régimes alimentaires peuvent également donner lieu à des formations présentées par leurs concepteurs comme qualifiantes et à la délivrance de diplômes en réalité non reconnus par les pouvoirs publics. Ils promettent aux stagiaires une installation en libéral et un chiffre d'affaires attractif.
En cas de doute sur une méthode enseignée dans un centre de formation, il convient de saisir :
- La DIRECCTE territorialement compétente ;
- La Miviludes.
Conclusion 
Aucune couche sociale, ni aucune catégorie socio-professionnelle n'est épargnée. Nous sommes tous de potentielles victimes de charlatans.
La biographie récente de celui qui a révolutionné l'informatique est là pour nous rappeler la capacité de nuisance des pseudo-thérapeutes. Steve Jobs, fondateur d'Apple a repoussé son traitement conventionnel du cancer pour se soigner avec du jus de légumes. Il s'était imposé un régime végétarien strict à base de grandes quantités de carottes crues et de jus de fruits frais. A cette alimentation, il ajouta des séances d'acupuncture, divers remèdes à base de plantes, et de temps à autre, quelques traitements dénichés sur Internet ou conseillés par des gens de tous horizons, dont un médium. Pendant un temps, il fut même sous l'emprise d'un naturopathe.
Les thérapeutiques alternatives communément appelées pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (PNCAVT) sur lesquelles est régulièrement interrogée la MIVILUDES peuvent être d'une efficacité redoutable dans le processus d'emprise mentale. Elles peuvent également conduire à une mort prématurée par le refus des patients de protocoles thérapeutiques éprouvés. Cela a été déjà le cas de certaines personnes atteintes du cancer qui ont découvert ces méthodes en recherchant de l'information médicale sur Internet.
Le véritable danger réside dans les pratiques alternatives qui détournent le malade des traitements conventionnels, avec pour conséquences une perte de chance de guérison, voire un risque vital et ce quelle que soit la pathologie.
Mais on observe aussi, et c'est là que la dérive sectaire s'installe :
- une rupture avec la famille ou l'entourage (qui souhaite le maintien du traite- ment conventionnel),
- des exigences financières de plus en plus fortes (de quelques centaines à plu- sieurs milliers d'euros),
- l'embrigadement dans un processus sans fin (avec participation à des stages, retraites, séminaires, notamment à l'étranger, pour bien s'imprégner de la méthode suivie, le renvoi vers d'autres praticiens déviants qui font partie du même réseau...),
- la soumission à une sujétion psychologique permanente qui va en définitive transformer la personne dans sa vie de tous les jours et dans ses rapports avec les autres, et qui peut aller jusqu'à des atteintes à son intégrité physique ou sexuelle. Autant d'indices pouvant caractériser un phénomène de nature sec- taire.
Il n'est pas question ici de dénoncer les médecines complémentaires, souvent prescrites d'ailleurs en lien avec un traite- ment médical classique, par une équipe de professionnels reconnus, notamment en milieu hospitalier mais bien les pratiques alternatives à un traitement médical établi et reconnu, qui, dans un contexte d'emprise mentale exercé par des charlatans de la santé ou des médecins déviants, peuvent aboutir à de véritables drames humains dont la Miviludes reçoit régulièrement des témoignages poignants.
1.    Le RESP, en 2013, regroupe 40 écoles qui participent aux activités du réseau : militaires, gendarmerie, police nationale, justice (magistrats, administration pénitentiaire, PJJ), santé publique (médecins, pharmaciens, inspecteurs, d'hôpital, directeurs d'établissements médico-sociaux), douanes, formation professionnelle, inspection du travail.
Références :
1. Site Internet de la MIVILUDES : www.derives-sectes.gouv.fr
 ou miviludes@pm.gouv.fr
2. http://rue89.nouvelobs.com/planete89/2010/04/10/jeune-cures-detox-ces-regimes-alternatifs-au-gout-de-secte-146840
3. http://www.hexamide.org/prevensectes/joie.htm
4.http://www.sante.gouv.fr/pratiques-de-soins-non-conventionnelles-introduction.html
5. Alain et Brigitte Scohy, Institut Paracelse, centre de médecine psychosomatique et hippocratique http://www.alain-scohy.com/french.html
6. http://vivrecru.org/
7. http://has-sante.fr/portail/plugins/ModuleXitiKLEE/types/FileDocument/doXiti.jsp?id=c_1013056
8. Dr Hamer : www.le-cancer.fr
9. Site Internet de l'Institut national du Cancer : www.e-cancer.fr
10. referencement-notre.com ou cafeganoderma.fr

Bibliographie
Rapport de la commission d'enquête parlementaire - Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger, 2013 : http://www.senat.fr/rap/r12-480-1/r12-480-1.html
Source : article rédigé par Mme Chantal Gatignol, Conseillère santé de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), et publié dans Information Diététique, La revue de l’Association Française des Diététiciens Nutritionnistes, n°1, janvier-mars 2014.

Note du CIPPAD : suite à certains commentaires interrogatifs, nous avons décidé de mettre en ligne l’article original, accessible à :  Les dérives sectaires liées à l'alimentation et à la nutrition