jeudi 3 juillet 2014

Mésothérapie - Le toubib aimait les femmes nues

Un médecin du centre hospitalier du Haut-Anjou a été mis en examen pour agression sexuelle après la plainte de plusieurs patientes.
Un ancien médecin du centre hospitalier du Haut-Anjou vient d'être mis en examen, pour agression sexuelle et pour violence sur personne vulnérable.
Le juge d'instruction de Lavai l'a placé sous contrôle judiciaire après plusieurs plaintes de patientes pour des « soins » que des jeunes femmes ont vécu de manière traumatisante. L'ordre des médecins a radié le praticien en janvier dernier. Celui-ci a toutefois fait appel de cette décision devant la chambre disciplinaire de l'ordre national des médecins. Médecin à l'hôpital sur le site de Château-Gontier, en Mayenne, depuis 2000, il était spécialisé en mésothérapie, méthode par ailleurs contestée médicalement qui consiste à injecter de faibles doses de médicament où se localise la douleur. Le médecin avait reçu l'interdiction formelle de pratiquer la mésothérapie par les autorités de l'hôpital, mais il avait continué quand même, de manière clandestine, en demandant aux patientes de ne pas se déclarer aux services d'accueil de l'hôpital mais de se présenter directement à son cabinet. Six jeunes femmes ont porté plainte à ce jour. Pour la plupart, ce sont des jeunes femmes qui étaient enceintes.
Elles se sont toutes plaintes d'avoir été contraintes de se déshabiller et d'avoir subi des attouchements supposés être des « massages » pour les détendre, sur la poitrine, sur les fesses et sur le sexe. Plusieurs des séances ont été proposées gratuitement.
« Charlatanisme » et violences sexuelles
C'est le signalement qu'une des jeunes femmes a fait auprès de la direction du centre hospitalier qui est à l'origine de l'enquête et de la radiation par le conseil régional de l'ordre. Les plaignantes ont fait état d'une vive humiliation vécue d'une manière particulièrement traumatisante. C'est sans doute la grande fragilité qu'un patient éprouve nécessairement avec un médecin qui a conduit le juge à retenir la notion de « violence sur personne vulnérable ». Devant les enquêteurs, le médecin a contesté toute connotation sexuelle à ses gestes. Toutefois les médecins experts sollicités par le juge d'instruction ont démenti que les déshabillages aient un quelconque intérêt médical. Un des experts pose même le mot de charlatanisme. En outre, les médecins n'ont pas à pratiquer de massages puisque cette pratique est médicalement réservée aux masseurs-kinésithérapeutes.
Hier, le médecin contestait les conditions de son contrôle Judiciaire devant la chambre de l'instruction d'Angers, contrôle qui comprend l'interdiction totale d'exercer son activité de médecin. Lui demandait à ce que cette interdiction soit réduite à sa seule activité en mésothérapie. Il n'était pas présent à l'audience mais représenté par son avocat Me Cyril Gosset, du barreau de Paris.
Le centre hospitalier était représenté par l'avocat angevin Me Pascal Rouiller qui a exprimé sa conviction qu'il y avait sans doute bien d'autres victimes qui ne s'étaient jamais déclarées.
Après un bref délibéré, la chambre de l'instruction a confirmé la décision du juge d'interdire au praticien toute activité médicale pendant la durée de son contrôle judiciaire.
Le centre hospitalier du Haut-Anjou est un établissement de proximité qui soigne sur plusieurs sites, entre Château-Gontier et Segré, des patients de Mayenne, du Maine-et-Loire et de la Sarthe.
Source : Courrier de l’Ouest, 3 juillet 2014
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