dimanche 26 octobre 2014

À Vannes : L'hôpital mise sur l'anesthésie par l'hypnose

D'ici la fin de l'année, onze médecins et quinze infirmières seront formés à l'hypnose au centre hospitalier de Vannes.
À l'hôpital de Vannes, les médecins anesthésistes ne jouent pas les illusionnistes ! Et pourtant, ils se servent bien de l'hypnose comme d'une alternative à l'anesthésie conventionnelle.
« On ne peut pas l'utiliser pour toutes les interventions, prévient Christophe Soltner, chef du service d'anesthésie. Mais on observe que les patients y sont de plus en plus sensibles. »
26 personnels soignants formés
Elle ne concerne pour l'heure qu'une intervention par semaine en ambulatoire. Mais dans les prochains mois, le nombre de patients qui pourront en bénéficier devrait progresser. L'hôpital a en effet décidé d'investir lourdement dans la formation du personnel soignant. « D'ici la fin de l'année, on passera de quatre médecins anesthésistes formés à onze et d'une infirmière à quinze », annonce Fabienne Ory Balluais, directrice adjointe.
Le principe ? « Focaliser la conscience sur autre chose que ce que l'on va soigner », résume le médecin. La technique ne s'adresse toutefois pas à tous les patients. « Il faut y adhérer ! C'est un principe de base pour que ça marche. Mais ça n'est pas parce qu'on a recours à l'hypnose qu'on n'injecte pas d'antidouleur au patient. »
L'avantage ? Un réveil facile dès que l'intervention est terminée. Mais aussi une alternative qui convient parfaitement aux patients dont l'état de santé rend difficile une anesthésie générale.
Source : Ouest-France, 23 octobre2014,
http://www.vannes.maville.com/actu/actudet_-sante-a-vannes-l-hopital-mise-sur-l-anesthesie-par-l-hypnose_loc-2644304_actu.Htm

Source : extrait du site de l’Institut Emergences, Rennes, 26 octobre 2014, 
http://www.hypnoses.com/2e-article-lhypnose-au-ch-vannes/

Note du CIPPAD : La pratique de l’hypnose en chirurgie reste sujet à controverse. Une méta-analyse récente incluant 2597 patients, menée par une équipe internationale et intituléeEfficacy of hypnosis in adults undergoing surgery or medical procedures: a meta-analysis of randomized controlled trials.“, conclut que la validité des résultats obtenus est peu fiable, et à la nécessité de réaliser des travaux d’une meilleure qualité afin de préciser si l’hypnose présente un intérêt en chirurgie. Ce type de conclusions est fréquent pour des domaines ayant connu des développements importants sans être réellement étayés scientifiquement. Ceci est gênant car dans ce cas la « méthode » est déjà ancienne. 

Notons d’ailleurs qu’une personne interviewée dans l'article de presse précise « Il faut y adhérer ! C'est un principe de base pour que ça marche », ce qui nous rapproche de la croyance et des effets placebo.

Il est surprenant de voir, dans un contexte budgétaire difficile, des hôpitaux publics consacrer des financements à une technique non-validée scientifiquement.

Qui plus est, les CHUs d’Angers et Brest, de même que  les hôpitaux d’Alençon, Cholet, Fontainebleau, Lannion, La Rochelle, Saint-Brieuc, Valenciennes ou Vannes font pour cela appel à la société de formation rennaise Emergences. Société dont le dirigeant affiche dans le cadre de son activité professionnelle des croyances New Age, certaines farfelues, voire dangereuse s’agissant de la Psychobiologie. 

La remise en cause de Descartes, par ce même dirigeant, au profit de l’auto-guérison est-elle réellement compatible avec la médecine développée dans les hôpitaux publics ?

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